Cette cliente conflictuelle est au cœur d’un différend qui a commencé après plusieurs prestations de tatouage réalisées à El Mata Tattoo, au Grau-du-Roi.
De l’avis Google supprimé puis réapparu à la saisine d’ADROIT : Google reconnaît finalement la réclamation et procède à une rectification immédiate.
Dans le cadre de mon activité professionnelle de tatoueur, j’ai été amené à travailler avec cette cliente et son conjoint, pour lesquels j’ai réalisé deux tatouages dont ils s’étaient initialement déclarés satisfaits.
J’ai également été sollicité pour intervenir en recouvrement d’un tatouage existant, réalisé par un autre professionnel, nécessitant une réflexion technique et artistique plus approfondie.
Par la suite, la cliente a procédé à de nombreux changements de motifs et d’orientations, impliquant un temps de conception et d’adaptation conséquent.
Dans ce contexte, j’ai rappelé mon cadre de fonctionnement habituel, à savoir le versement d’un acompte préalable à toute phase de conception. Ce fonctionnement vise à couvrir le temps de travail consacré à l’élaboration des projets, notamment lorsque ceux-ci évoluent de manière répétée, ainsi qu’à encadrer les modifications éventuelles demandées par les clients.
La cliente a alors contesté ce principe, souhaitant conditionner le versement de l’acompte à la validation préalable d’un dessin, ce qui est incompatible avec mon organisation professionnelle. Malgré des explications claires de ma part, elle a persisté à vouloir imposer ses propres conditions.
Face à mon refus de déroger à mon cadre de travail, les échanges ont progressivement pris une tournure conflictuelle. La cliente a remis en cause mes méthodes, puis ma personne, en formulant des jugements subjectifs et dénigrants.
Dans un second temps, elle a modifié un avis en ligne initialement positif pour le rendre négatif, en reprenant de manière partielle et orientée des échanges privés, et en les accompagnant de propos dévalorisants.
Considérant cette situation et l’incompatibilité manifeste dans notre manière de fonctionner, j’ai pris la décision de ne pas donner suite à ses demandes futures, tout en maintenant une position professionnelle, fondée sur des faits, des règles clairement établies et le respect de mon cadre de travail.
L’ensemble de ces éléments traduit un différend commercial né d’un désaccord sur les conditions de prestation, aggravé par des changements répétés de demande et ayant évolué vers une tentative de remise en cause publique de mon activité à la suite de mon refus de modifier ces conditions.
Ce que révèle le comportement de cette cliente conflictuelle
👉 1. Volonté de contrôle
Elle essaie de redéfinir tes règles après coup
Elle ne reconnaît pas mon cadre pro
👉 2. Externalisation de la responsabilité
Le problème vient forcément de moi (prix, méthode, personnalité…)
Jamais de remise en question de son propre rôle
👉 3. Escalade quand elle n’obtient pas ce qu’elle veut
Passage d’un avis positif → négatif
refus = déclencheur
👉 4. Usage de la pression sociale
Avis Google
Mon image publique comme levier
👉 5. Déformation du récit
Elle reformule les échanges à son avantage
Elle sélectionne ce qui l’arrange (classique dans les conflits)
Sur le plan juridique, plusieurs éléments encadrent la situation présente.
En droit français, la publication d’échanges privés sans le consentement de l’autre partie est susceptible de constituer une atteinte à la vie privée, protégée par l’article 9 du Code civil. De plus, le fait de tenir des propos dénigrants ou portant atteinte à la réputation d’un professionnel peut relever du dénigrement commercial, voire de la diffamation au sens de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, dès lors que les propos excèdent la simple critique objective d’une prestation.
Par ailleurs, la présentation partielle et orientée d’échanges dans le but de nuire à l’image d’un professionnel peut être considérée comme trompeuse, notamment si elle altère la perception du public quant aux conditions réelles de la prestation.
Concernant le cadre contractuel, la demande d’un acompte préalable est une pratique parfaitement licite en droit français, notamment dans le cadre de prestations personnalisées ou artistiques. Elle permet de formaliser l’engagement du client et de couvrir le travail préparatoire engagé.
Enfin, au regard des règles de publication de Google relatives aux avis, les contenus comportant des attaques personnelles, des propos insultants, ou la diffusion d’informations privées sans consentement contreviennent aux politiques de contribution, ce qui justifie pleinement une demande de suppression de l’avis en question.
Ces éléments confirment que la situation dépasse le simple désaccord commercial pour s’inscrire dans un cadre potentiellement fautif sur le plan juridique et réglementaire.
pour résumer :
Le dossier de cette cliente conflictuelle ne se limite donc plus au différend initial : il comporte désormais également un volet relatif à la modération d’un avis Google.
Mise à jour — 3 août 2026
Décision ADROIT : Google reconnaît la réclamation et procède à une rectification immédiate
L’histoire racontée dans cet article ne s’est pas arrêtée au différend initial concernant cet avis Google.
Après la réapparition de l’avis précédemment supprimé par Google et le rejet de mon nouveau signalement du 18 juillet 2026, j’ai décidé de contester cette nouvelle décision de modération dans le cadre du Digital Services Act (DSA).
La procédure a été engagée auprès d’ADROIT, organisme de règlement extrajudiciaire des litiges intervenant dans le cadre de l’article 21 du Digital Services Act.
Une procédure engagée contre la décision de modération de Google
Ma réclamation ne portait pas sur le droit de cette cliente à exprimer son opinion.
Elle concernait précisément la manière dont Google avait successivement traité cet avis : une première suppression pour non-respect de ses règles, suivie plusieurs semaines plus tard de la réapparition du même contenu, puis d’un nouveau refus de suppression sans explication sur cette contradiction.
La réclamation a été déposée auprès d’ADROIT le 27 juillet 2026 et la procédure a alors été officiellement ouverte.
Google reconnaît la réclamation
Le déroulement de la procédure a ensuite connu une évolution particulièrement importante.
Le 31 juillet 2026 à 9 h 19, Google Ireland Ltd. a reconnu la réclamation et a déclaré une « immediate remedy », c’est-à-dire une rectification immédiate.
La décision ADROIT précise également que Google a reconnu la révocation de la décision de modération initialement adoptée et a exprimé sa volonté de résoudre rapidement le différend.
La décision rendue par ADROIT
Le 3 août 2026, ADROIT a rendu sa Recognition Decision, dans le dossier n° 3341471981 — Alexandre Mata c. Google Ireland Ltd.
La décision constate notamment deux éléments essentiels :
- Google a reconnu la réclamation ;
- la procédure a été clôturée à la suite d’une rectification immédiate.
ADROIT considère ainsi que l’objet de la procédure avait été effectivement résolu à la suite de la rectification opérée par Google.
Il est important de préciser que cette décision ne constitue pas une décision judiciaire condamnant Google sur le fond. ADROIT indique expressément qu’aucune décision sur la légalité de la mesure de modération initialement contestée n’a été rendue, puisque la rectification immédiate avait mis fin au différend soumis à la procédure.
💰 Google doit payer les frais de la procédure
La décision comporte également une disposition très concrète concernant les frais de la procédure.
ADROIT indique expressément :
« The Respondent bears the cost of the proceedings. »
Autrement dit, Google Ireland Ltd. doit prendre en charge les frais de la procédure engagée auprès d’ADROIT.
109,57 € DE FRAIS DE PROCÉDURE À LA CHARGE DE GOOGLE
La décision précise que les frais administratifs correspondant à la résolution immédiate s’élèvent à : 109,57 €
Ce montant est expressément mis à la charge de Google Ireland Ltd. au titre de la procédure.
Il ne s’agit pas d’une indemnisation versée au plaignant, mais bien des frais de la procédure ADROIT, dont Google doit supporter le coût conformément à la décision.
Une nouvelle étape dans cette affaire
Cette décision vient ainsi compléter la chronologie présentée dans cet article.
L’avis initialement publié, son remplacement par un avis négatif, sa première suppression par Google, sa réapparition, le nouveau refus de Google, puis la contestation de cette décision auprès d’ADROIT ont finalement conduit à une reconnaissance de la réclamation par Google et à une rectification immédiate.
Cette procédure aura donc permis d’obtenir une évolution concrète de la situation sans qu’ADROIT ait à statuer sur le fond de la légalité de la décision de modération.
La décision ADROIT précise enfin qu’en tant que décision de règlement extrajudiciaire au titre du Digital Services Act, elle n’est pas contraignante au sens de l’article 21, paragraphe 5, du DSA et ne prive aucune des parties de la possibilité d’exercer d’autres recours.
Dossier ADROIT n° 3341471981 — Décision rendue le 3 août 2026.
Texte officiel du Digital Services Act (DSA)
Règlement (UE) 2022/2065 du Parlement européen et du Conseil du 19 octobre 2022 relatif à un marché unique des services numériques, notamment son article 21 relatif au règlement extrajudiciaire des litiges.
Consulter le texte officiel du Digital Services Act sur EUR-Lex
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