Bibliothèque universitaire de médecine avec squelette anatomique illustrant le guide des contre-indications médicales au tatouage et au piercing.

Contre-indications tatouage et piercing : Le guide complet indispensable

Les contre-indications pour un tatouage ou un piercing sont souvent mal connues du grand public. Pourtant, certaines maladies, certains traitements médicaux ou certaines situations particulières nécessitent quelques précautions avant de réaliser un tatouage ou un piercing.

Bibliothèque universitaire de médecine avec squelette anatomique illustrant le guide des contre-indications médicales au tatouage et au piercing.

Le tatouage et le piercing sont aujourd’hui des pratiques largement démocratisées. Réalisés dans de bonnes conditions d’hygiène et par un professionnel expérimenté, ils présentent généralement peu de risques pour une personne en bonne santé. Cependant, il ne faut jamais oublier qu’ils consistent tous deux à provoquer une effraction cutanée, c’est-à-dire une ouverture volontaire de la peau ou des muqueuses.

Si cette intervention est bien tolérée par la majorité des personnes, certaines maladies, certains traitements médicamenteux ou certaines situations physiologiques peuvent augmenter le risque de complications, notamment en matière de saignement, de cicatrisation, d’infection ou de réaction inflammatoire.

Cela ne signifie pas qu’un tatouage ou un piercing soit systématiquement contre-indiqué. Dans de nombreux cas, quelques précautions suffisent, tandis que d’autres situations nécessitent un avis médical préalable ou conduisent à reporter temporairement le projet.

Dans ce guide, nous passons en revue les principales pathologies, les traitements médicamenteux et les situations particulières pouvant influencer la réalisation d’un tatouage ou d’un piercing. Notre objectif est de vous fournir une information claire, fondée sur les connaissances médicales actuelles, afin de vous aider à prendre une décision éclairée avec votre professionnel et, lorsque cela est nécessaire, avec votre médecin.

Les principales contre-indications au tatouage et au piercing

Contrairement à une idée largement répandue, il existe très peu de contre-indications absolues au tatouage ou au piercing. Dans la majorité des cas, une pathologie ou un traitement médical n’interdit pas systématiquement la réalisation d’un acte, mais impose une évaluation préalable des bénéfices et des risques.

Il est donc essentiel de distinguer plusieurs situations.

Les contre-indications absolues

Elles sont rares et concernent principalement des situations dans lesquelles la réalisation d’un tatouage ou d’un piercing exposerait le patient à un risque immédiat ou particulièrement élevé. Elles nécessitent généralement de renoncer au projet ou d’attendre une amélioration de l’état de santé.

Les contre-indications temporaires

Certaines situations ne contre-indiquent un tatouage ou un piercing que pendant une période donnée. Il peut s’agir, par exemple, d’une infection en cours, d’un épisode de fièvre, d’une intervention chirurgicale récente ou encore de certains traitements médicaux temporaires. Une fois cette période terminée et avec l’accord du professionnel de santé lorsque cela est nécessaire, le projet peut souvent être envisagé.

Les situations nécessitant un avis médical

Certaines maladies chroniques ou certains traitements ne constituent pas une interdiction, mais nécessitent un avis du médecin traitant ou du spécialiste qui assure le suivi du patient. Cet échange permet d’évaluer les éventuels risques de saignement, d’infection, de retard de cicatrisation ou de complications propres à chaque situation médicale.

Les situations nécessitant simplement quelques précautions

Enfin, de nombreuses personnes atteintes d’une maladie chronique ou suivant un traitement peuvent tout à fait bénéficier d’un tatouage ou d’un piercing, à condition que certaines précautions soient respectées. Le choix du moment de l’intervention, la qualité des conditions d’hygiène, le respect des soins de cicatrisation et une bonne communication avec le professionnel permettent souvent de réduire considérablement les risques.

Dans les chapitres suivants, nous passerons en revue les principales pathologies et les traitements médicamenteux susceptibles d’influencer la réalisation d’un tatouage ou d’un piercing, en précisant pour chacun le niveau de risque, les précautions recommandées et les situations nécessitant un avis médical préalable.

Les principales pathologies pouvant influencer la réalisation d'un tatouage ou d'un piercing

Certaines maladies peuvent modifier la façon dont l’organisme réagit à un tatouage ou à un piercing. Selon les cas, elles peuvent augmenter le risque de saignement, ralentir la cicatrisation, favoriser les infections ou entraîner une réaction inflammatoire plus importante.

Il est toutefois important de rappeler qu’une maladie chronique ne constitue pas systématiquement une contre-indication. La stabilité de l’état de santé, le traitement suivi, l’avis du médecin lorsque celui-ci est nécessaire et le respect de protocoles d’hygiène rigoureux permettent bien souvent d’envisager le projet dans de bonnes conditions.

Les informations présentées ci-dessous ont pour objectif de sensibiliser aux principales situations médicales pouvant nécessiter des précautions particulières. Elles ne remplacent jamais un avis médical personnalisé.

Illustration représentant un lecteur de glycémie, du matériel de tatouage stérile et un tatouage en cours pour illustrer les précautions à prendre chez une personne diabétique avant un tatouage ou un piercing.

Le diabète

Le diabète

Le diabète est l’une des pathologies les plus fréquemment évoquées lorsqu’il est question de tatouage ou de piercing. Contrairement à certaines idées reçues, cette maladie ne constitue pas, à elle seule, une contre-indication absolue. En revanche, elle nécessite une attention particulière, notamment lorsque l’équilibre glycémique est insuffisant ou que des complications sont déjà présentes.

Pourquoi le risque est-il différent ?

Le diabète est une maladie chronique caractérisée par une hyperglycémie, c’est-à-dire un excès de glucose dans le sang. Lorsque cette hyperglycémie est insuffisamment contrôlée, les capacités de défense de l’organisme peuvent être diminuées et le processus de cicatrisation peut être ralenti. Certaines complications du diabète, notamment les atteintes des petits vaisseaux sanguins ou des nerfs, peuvent également rendre la peau plus fragile et favoriser l’apparition de complications locales.

Quels sont les risques pour la cicatrisation ?

Le tatouage comme le piercing provoquent une effraction cutanée qui déclenche un mécanisme naturel de cicatrisation. Chez une personne dont le diabète est mal équilibré, cette cicatrisation peut être plus lente et plus délicate, augmentant le risque de retard de guérison ou de complications.

À l’inverse, une personne présentant un diabète bien contrôlé, suivant correctement son traitement et respectant les soins après l’intervention, cicatrisera généralement dans de bonnes conditions.

Existe-t-il un risque infectieux accru ?

Oui, mais il dépend principalement de l’équilibre du diabète. Une glycémie élevée favorise le développement des infections et diminue l’efficacité de certaines défenses immunitaires. Le risque reste toutefois limité lorsque le tatouage ou le piercing est réalisé dans des conditions d’hygiène irréprochables et que les soins de cicatrisation sont rigoureusement respectés.

Il est recommandé de consulter rapidement un médecin en cas de douleur importante, de rougeur qui s’étend, d’écoulement purulent, de fièvre ou de toute aggravation inhabituelle après l’intervention.

Quand demander l’avis de son médecin ?

Un avis médical est recommandé dans les situations suivantes :

  • diabète insuffisamment équilibré ;

  • antécédents de cicatrisation difficile ;

  • présence d’ulcères ou de plaies chroniques ;

  • complications vasculaires ou neurologiques liées au diabète ;

  • doute sur la stabilité de la maladie ou modification récente du traitement.

Le médecin pourra évaluer si le projet peut être réalisé immédiatement ou s’il est préférable de le différer.

Peut-on finalement se faire tatouer ou percer ?

Dans la grande majorité des cas, oui. Une personne diabétique dont la maladie est correctement équilibrée peut généralement réaliser un tatouage ou un piercing sans risque majeur, à condition de choisir un professionnel respectant scrupuleusement les règles d’hygiène, d’informer celui-ci de sa pathologie et d’appliquer rigoureusement les soins de cicatrisation.

L’objectif n’est donc pas d’interdire ces pratiques aux personnes diabétiques, mais de s’assurer que leur état de santé est compatible avec une bonne cicatrisation et que toutes les précautions nécessaires sont réunies.

À retenir

Tatouage : ⚠️ Possible sous conditions (diabète équilibré et respect des règles d’hygiène).
Piercing : ⚠️ Possible sous conditions (avec les mêmes précautions).
Avis médical recommandé : Oui, en cas de diabète mal équilibré, de complications ou de doute sur l’état de santé.

Bibliographie

Vous pouvez consulter les recommandations et informations des organismes suivants :

Illustration représentant des facteurs de coagulation, du matériel de tatouage stérile et un tatouage en cours pour illustrer les précautions à prendre chez une personne atteinte d'hémophilie avant un tatouage ou un piercing.

Hémophilie et troubles de la coagulation

Les troubles de la coagulation regroupent plusieurs maladies qui altèrent la capacité du sang à former un caillot. Parmi les plus connues figurent l’hémophilie et la maladie de Willebrand, mais d’autres déficits en facteurs de coagulation ou anomalies plaquettaires peuvent également augmenter le risque de saignement. Contrairement au diabète, le principal risque n’est pas infectieux, mais hémorragique.

Pourquoi le risque est-il différent ?

Le tatouage comme le piercing provoquent de multiples micro-lésions des tissus. Chez une personne atteinte d’un trouble de la coagulation, ces lésions peuvent entraîner un saignement plus abondant, plus prolongé ou plus difficile à contrôler que chez une personne ne présentant pas de trouble de l’hémostase.

L’importance du risque dépend toutefois de la nature de la maladie, de sa sévérité et de son traitement. Une hémophilie sévère ne présente évidemment pas le même niveau de risque qu’une forme légère correctement prise en charge.

Quels sont les risques pour la cicatrisation ?

Lorsque le saignement est prolongé, la cicatrisation peut être perturbée. Des hématomes peuvent également se former au niveau du tatouage ou du piercing, favorisant parfois une inflammation locale ou retardant la réparation des tissus.

Dans certains cas, ces complications peuvent également altérer le résultat esthétique du tatouage ou compliquer la cicatrisation d’un piercing.

Existe-t-il un risque hémorragique accru ?

Oui. C’est même la principale préoccupation chez les personnes souffrant d’un trouble de la coagulation.

Un saignement important peut nécessiter une prise en charge médicale, voire un traitement spécifique permettant de corriger temporairement le déficit en facteur de coagulation avant un geste invasif. Cette décision relève exclusivement de l’équipe médicale qui suit le patient.

Quand demander l’avis de son médecin ?

Un avis médical est indispensable avant d’envisager un tatouage ou un piercing en cas :

  • d’hémophilie A ou B ;

  • de maladie de Willebrand ;

  • d’un autre déficit connu en facteur de coagulation ;

  • d’antécédents de saignements prolongés ou inexpliqués ;

  • de troubles plaquettaires diagnostiqués.

Le médecin ou l’hématologue pourra évaluer le risque individuel et déterminer si des mesures particulières doivent être mises en place avant l’intervention.

Peut-on finalement se faire tatouer ou percer ?

Dans certains cas, oui. Certaines personnes présentant une forme légère de trouble de la coagulation peuvent réaliser un tatouage ou un piercing après évaluation médicale et, si nécessaire, mise en place d’un traitement préventif.

En revanche, en présence d’une hémophilie sévère ou d’un trouble majeur de la coagulation insuffisamment contrôlé, ces actes peuvent présenter un risque hémorragique important et nécessitent une prise en charge individualisée. Il est donc indispensable de ne jamais entreprendre un tatouage ou un piercing sans l’accord préalable du médecin spécialiste.

À retenir

Tatouage : ⚠️ Possible uniquement après avis médical spécialisé et selon le trouble de la coagulation.

Piercing : ⚠️ Possible uniquement après avis médical spécialisé, certaines localisations pouvant présenter un risque hémorragique plus élevé.

Avis médical recommandé : Oui, systématiquement.

Bibliographie

La maladie de Willebrand

La maladie de Willebrand ( ou appelée aussi maladie de von Willebrand) est le trouble héréditaire de la coagulation le plus fréquent. Elle est liée à une anomalie du facteur de Willebrand, une protéine indispensable à la formation du caillot sanguin. Selon sa forme et sa gravité, cette maladie peut entraîner des saignements prolongés, notamment lors d’un acte invasif comme un tatouage ou un piercing. (has-sante.fr)

Pourquoi le risque est-il différent ?

Chez les personnes atteintes de la maladie de Willebrand, l’organisme peut avoir davantage de difficultés à stopper un saignement. Comme le tatouage et le piercing provoquent volontairement une effraction cutanée, ils peuvent entraîner un saignement plus abondant ou plus prolongé que chez une personne ne présentant pas ce trouble.

Le risque varie toutefois selon le type de maladie de Willebrand. Les formes légères permettent souvent la réalisation d’un tatouage ou d’un piercing après avis médical, tandis que les formes plus sévères nécessitent des précautions beaucoup plus importantes.

Quels sont les risques pour la cicatrisation ?

Un saignement prolongé peut favoriser la formation d’hématomes, augmenter l’inflammation locale et retarder la cicatrisation. Dans certains cas, ces complications peuvent également altérer le résultat esthétique du tatouage ou compliquer la cicatrisation d’un piercing.

Une surveillance attentive des premiers jours suivant l’intervention est donc particulièrement importante.

Existe-t-il un risque hémorragique accru ?

Oui. Le principal risque est la survenue d’un saignement difficile à contrôler pendant ou après l’intervention.

Selon la sévérité de la maladie, l’hématologue peut recommander un traitement préventif avant le geste, comme l’administration de desmopressine (DDAVP) ou de concentrés contenant le facteur de Willebrand. Cette décision relève exclusivement de l’équipe médicale qui suit le patient.

Quand demander l’avis de son médecin ?

Un avis médical spécialisé est indispensable avant d’envisager un tatouage ou un piercing si vous êtes atteint de la maladie de Willebrand, même lorsqu’il s’agit d’une forme légère.

Le médecin pourra évaluer le niveau de risque, adapter si nécessaire le traitement et déterminer si le projet peut être réalisé dans de bonnes conditions de sécurité.

Peut-on finalement se faire tatouer ou percer ?

Oui, dans de nombreux cas. Une personne atteinte d’une forme légère et correctement suivie peut souvent réaliser un tatouage ou un piercing après validation par son médecin.

En revanche, les formes modérées ou sévères nécessitent une évaluation individualisée et parfois un traitement préventif avant toute intervention afin de limiter le risque hémorragique.

À retenir

Tatouage : ⚠️ Possible sous conditions, après avis de l’hématologue.

Piercing : ⚠️ Possible sous conditions, certaines localisations pouvant présenter un risque plus important.

Avis médical recommandé : Oui, systématiquement.

Bibliographie

Les traitements anticoagulants

Les traitements anticoagulants sont prescrits pour prévenir la formation de caillots sanguins ou limiter le risque de thrombose. Ils sont notamment utilisés chez les personnes souffrant de fibrillation atriale, de phlébite, d’embolie pulmonaire, porteuses de certaines valves cardiaques ou après certains accidents cardiovasculaires. Les anticoagulants les plus courants sont les antivitamines K (AVK), comme la warfarine, ainsi que les anticoagulants oraux directs (AOD), tels que l’apixaban, le rivaroxaban, le dabigatran ou l’édoxaban. Ces traitements diminuent la capacité du sang à coaguler et nécessitent donc une vigilance particulière avant la réalisation d’un tatouage ou d’un piercing.

Pourquoi le risque est-il différent ?

Le tatouage et le piercing provoquent volontairement une effraction cutanée. Chez une personne sous traitement anticoagulant, cette intervention peut entraîner un saignement plus important ou plus prolongé, rendant la séance plus difficile et augmentant le risque d’hématome.

Dans le cas d’un tatouage, un saignement excessif peut également compliquer l’implantation homogène des pigments et altérer le résultat final.

Quels sont les risques pour la cicatrisation ?

Lorsque le saignement se prolonge, la cicatrisation peut être retardée. La formation d’hématomes peut également favoriser une inflammation locale et augmenter le risque de complications secondaires.

Pour les piercings, certaines localisations particulièrement vascularisées (langue, lèvres, nez, organes génitaux, etc.) peuvent présenter un risque hémorragique plus important et nécessitent une évaluation particulièrement prudente.

Faut-il interrompre son traitement avant un tatouage ou un piercing ?

Non, jamais de sa propre initiative.

L’arrêt d’un traitement anticoagulant peut exposer à des complications graves, notamment un accident vasculaire cérébral, une embolie pulmonaire ou une thrombose. Seul le médecin prescripteur est habilité à décider si une adaptation temporaire du traitement est nécessaire en fonction du bénéfice attendu et du risque encouru.

Quand demander l’avis de son médecin ?

Un avis médical est indispensable avant tout tatouage ou piercing lorsqu’un traitement anticoagulant est en cours.

Le médecin évaluera notamment :

  • le type d’anticoagulant prescrit ;

  • l’indication du traitement ;

  • le risque de saignement propre au patient ;

  • la possibilité ou non d’adapter temporairement le traitement ;

  • l’opportunité de différer le projet.

Peut-on finalement se faire tatouer ou percer ?

Dans certains cas, oui. La prise d’un traitement anticoagulant ne constitue pas systématiquement une contre-indication absolue. Toutefois, la décision doit toujours être prise avec le médecin prescripteur.

Le professionnel réalisant le tatouage ou le piercing doit impérativement être informé de ce traitement afin d’évaluer la faisabilité de l’acte et d’adapter, si nécessaire, la prise en charge.

À retenir

Tatouage : ⚠️ Possible sous conditions et uniquement après avis médical.

Piercing : ⚠️ Possible sous conditions, certaines localisations pouvant présenter un risque hémorragique accru.

Avis médical recommandé : Oui, systématiquement.

Ne jamais interrompre un traitement anticoagulant sans l’accord du médecin.

Bibliographie

Illustration représentant un cœur anatomique, un tensiomètre, un stéthoscope et du matériel de tatouage stérile pour illustrer les précautions à prendre chez une personne atteinte d'une maladie cardiovasculaire avant un tatouage ou un piercing.

Les maladies cardiovasculaires

Les maladies cardiovasculaires regroupent un grand nombre d’affections touchant le cœur et les vaisseaux sanguins. Dans la plupart des cas, elles ne constituent pas une contre-indication au tatouage ou au piercing. En revanche, certaines cardiopathies, notamment celles exposant à un risque d’endocardite infectieuse, nécessitent une vigilance particulière et un avis médical préalable.

Pourquoi le risque est-il différent ?

Le tatouage et le piercing provoquent une effraction cutanée pouvant permettre à des bactéries de pénétrer dans l’organisme. Chez certaines personnes atteintes d’une maladie cardiaque, ces bactéries peuvent exceptionnellement atteindre les valves du cœur ou d’autres structures cardiaques et provoquer une endocardite infectieuse, une complication rare mais potentiellement grave.

Ce risque concerne principalement les personnes présentant certaines cardiopathies congénitales, des valves cardiaques artificielles, des antécédents d’endocardite infectieuse ou certaines cardiopathies complexes.

Quels sont les risques pour la cicatrisation ?

En règle générale, les maladies cardiovasculaires n’altèrent pas directement la cicatrisation d’un tatouage ou d’un piercing. Toutefois, certaines pathologies sévères, une insuffisance cardiaque avancée ou certains traitements associés peuvent ralentir le processus de guérison ou augmenter le risque de complications.

Existe-t-il un risque infectieux accru ?

Le risque d’infection locale reste comparable à celui de la population générale lorsque le tatouage ou le piercing est réalisé dans des conditions d’hygiène irréprochables.

En revanche, chez les personnes présentant certaines cardiopathies à haut risque, une infection cutanée peut exceptionnellement évoluer vers une endocardite infectieuse. C’est pourquoi il est essentiel d’éviter toute procédure réalisée dans des conditions d’hygiène insuffisantes et de consulter rapidement un médecin en cas de signes d’infection.

Quand demander l’avis de son médecin ?

Un avis médical est recommandé si vous présentez notamment :

  • une valve cardiaque mécanique ou biologique ;

  • un antécédent d’endocardite infectieuse ;

  • certaines cardiopathies congénitales ;

  • une cardiopathie complexe suivie par un cardiologue ;

  • une insuffisance cardiaque sévère.

Le cardiologue pourra évaluer votre niveau de risque et vous conseiller sur la faisabilité du projet.

Peut-on finalement se faire tatouer ou percer ?

Dans la majorité des cas, oui. Les personnes souffrant d’hypertension artérielle, de maladie coronarienne stable ou de nombreuses autres maladies cardiovasculaires peuvent généralement réaliser un tatouage ou un piercing si leur état de santé est stabilisé.

En revanche, les personnes présentant une cardiopathie à haut risque doivent impérativement demander l’avis de leur cardiologue avant toute intervention. La décision sera prise au cas par cas, en fonction de la maladie, de son évolution et des recommandations médicales en vigueur. À ce jour, les recommandations internationales ne préconisent pas d’antibioprophylaxie systématique avant un tatouage ou un piercing, même chez les patients à risque, mais insistent sur l’importance d’une information individualisée.

À retenir

Tatouage : ✅ Généralement possible, mais ⚠️ avis cardiologique recommandé pour les cardiopathies à haut risque.

Piercing : ⚠️ Même recommandation, avec une vigilance particulière pour les localisations présentant un risque infectieux plus important.

Avis médical recommandé : Oui, en cas de cardiopathie complexe, de valve cardiaque, d’antécédent d’endocardite infectieuse ou de cardiopathie congénitale.

Bibliographie

Illustration représentant des traitements immunosuppresseurs, du matériel de tatouage stérile et une séance de tatouage pour illustrer les précautions à prendre chez une personne immunodéprimée avant un tatouage ou un piercing.

L’immunodépression

L’immunodépression désigne une diminution des capacités de défense du système immunitaire. Elle peut être liée à une maladie, comme l’infection par le VIH, à une transplantation d’organe nécessitant un traitement antirejet ou encore à la prise de médicaments immunosuppresseurs. Dans ces situations, le risque principal n’est pas le tatouage ou le piercing en lui-même, mais la possibilité de développer une infection plus facilement ou de présenter une cicatrisation plus longue et plus complexe.

Pourquoi le risque est-il différent ?

Le tatouage et le piercing créent une effraction cutanée. Chez une personne immunodéprimée, les mécanismes naturels de défense contre les bactéries, les virus ou les champignons peuvent être moins efficaces, augmentant ainsi le risque d’infection locale ou, plus rarement, d’infection généralisée.

Le niveau de risque dépend toutefois de la cause de l’immunodépression, de son intensité et de la stabilité de l’état de santé. Toutes les personnes immunodéprimées ne présentent donc pas le même niveau de risque.

Quels sont les risques pour la cicatrisation ?

Une immunodépression peut ralentir la cicatrisation et favoriser la survenue de complications infectieuses. Lorsque l’état immunitaire est stable et que la maladie est correctement prise en charge, ces risques peuvent toutefois être limités grâce au respect de protocoles d’hygiène rigoureux et à une surveillance attentive de la cicatrisation.

Quand demander l’avis de son médecin ?

Un avis médical est recommandé dans tous les cas d’immunodépression, qu’elle soit liée à une maladie ou à un traitement. Le médecin évaluera notamment le niveau de risque infectieux, l’équilibre de la maladie et l’opportunité de réaliser le tatouage ou le piercing à ce moment-là.


VIH

Aujourd’hui, grâce aux traitements antirétroviraux, de nombreuses personnes vivant avec le VIH présentent une charge virale indétectable et un système immunitaire suffisamment préservé pour envisager un tatouage ou un piercing.

Lorsque l’infection est bien contrôlée, le risque n’est généralement pas supérieur à celui de la population générale. En revanche, si le taux de lymphocytes CD4 est très bas ou si la maladie n’est pas stabilisée, le risque d’infection et de complications peut être plus important. Toute décision doit donc être discutée avec le médecin qui assure le suivi du patient.

À retenir

Tatouage : ⚠️ Généralement possible si le VIH est bien contrôlé.

Piercing : ⚠️ Généralement possible dans les mêmes conditions.

Avis médical recommandé : Oui.


Après une transplantation d’organe

Les personnes ayant bénéficié d’une transplantation (rein, foie, cœur, poumon, etc.) suivent un traitement immunosuppresseur destiné à éviter le rejet du greffon. Durant les premiers mois suivant la greffe, l’immunodépression est particulièrement importante et expose à un risque infectieux accru.

En règle générale, un tatouage ou un piercing est déconseillé pendant cette période. Par la suite, un projet peut parfois être envisagé, mais uniquement après l’accord de l’équipe de transplantation, lorsque l’état du patient est stabilisé et que le traitement est équilibré.

À retenir

Tatouage : ⚠️ À différer après une transplantation récente ; possible uniquement après accord de l’équipe médicale.

Piercing : ⚠️ Même recommandation.

Avis médical recommandé : Oui, systématiquement.


Les traitements immunosuppresseurs

Les immunosuppresseurs sont prescrits dans de nombreuses situations : maladies auto-immunes, transplantation d’organe, certaines maladies inflammatoires chroniques ou encore après certains traitements anticancéreux.

Ces médicaments diminuent volontairement l’activité du système immunitaire afin de contrôler la maladie ou d’éviter le rejet d’un organe transplanté. En contrepartie, ils augmentent le risque d’infection et peuvent ralentir la cicatrisation.

La prise d’un traitement immunosuppresseur ne constitue pas une contre-indication absolue au tatouage ou au piercing. En revanche, un avis médical est indispensable afin d’évaluer le niveau d’immunodépression, la stabilité de la maladie et le meilleur moment pour réaliser le projet. Il est également essentiel de ne jamais interrompre ou modifier son traitement sans l’accord du médecin prescripteur.

À retenir

Tatouage : ⚠️ Possible sous conditions et après avis médical.

Piercing : ⚠️ Possible sous conditions.

Avis médical recommandé : Oui.

Bibliographie

Illustration représentant des traitements anticancéreux, un ruban violet, du matériel de tatouage stérile et une séance de tatouage pour illustrer les précautions à prendre chez une personne atteinte d'un cancer avant un tatouage ou un piercing.

Le cancer et ses traitements

Le diagnostic d’un cancer ne constitue pas, à lui seul, une contre-indication définitive au tatouage ou au piercing. En revanche, certains traitements anticancéreux peuvent modifier les capacités de défense de l’organisme, ralentir la cicatrisation ou augmenter le risque d’infection. La faisabilité d’un tatouage ou d’un piercing dépend donc davantage de l’état de santé du patient, du traitement en cours et de l’avis de l’équipe médicale que du cancer lui-même.

Pourquoi le risque est-il différent ?

Les traitements utilisés contre le cancer peuvent diminuer temporairement le nombre de globules blancs, de plaquettes ou d’autres cellules indispensables à la lutte contre les infections et à la cicatrisation. Ils peuvent également fragiliser la peau et les muqueuses.

Le niveau de risque varie selon le type de cancer, le traitement reçu et l’état général du patient.


La chimiothérapie

La chimiothérapie agit en détruisant les cellules cancéreuses, mais elle peut également affecter temporairement certaines cellules saines. Durant cette période, les défenses immunitaires peuvent être diminuées et la cicatrisation moins efficace.

Il est généralement déconseillé de réaliser un tatouage ou un piercing pendant une chimiothérapie active ou lorsque les analyses sanguines montrent une baisse importante des globules blancs ou des plaquettes.

Une fois le traitement terminé et après validation par l’oncologue, un projet peut souvent être envisagé dans de bonnes conditions.

À retenir

Tatouage : ⚠️ Généralement déconseillé pendant la chimiothérapie.

Piercing : ⚠️ Généralement déconseillé pendant la chimiothérapie.

Avis médical recommandé : Oui, systématiquement.


La radiothérapie

La radiothérapie peut rendre la peau plus fragile, plus sensible et plus lente à cicatriser, en particulier sur la zone irradiée.

Il est fortement déconseillé de tatouer ou de percer une région en cours de traitement ou récemment irradiée. Une fois les tissus correctement cicatrisés, un tatouage ou un piercing peut parfois être envisagé après avis de l’équipe soignante.

Il convient également de ne jamais tatouer les repères cutanés réalisés pour le traitement sans l’accord de l’équipe de radiothérapie.

À retenir

Tatouage : ⚠️ À éviter sur une zone irradiée pendant le traitement.

Piercing : ⚠️ Même recommandation.

Avis médical recommandé : Oui.


L’immunothérapie

Les immunothérapies stimulent le système immunitaire afin qu’il reconnaisse et détruise les cellules cancéreuses. Contrairement à la chimiothérapie, elles n’entraînent pas systématiquement une immunodépression, mais elles peuvent provoquer des réactions inflammatoires parfois importantes.

Selon le traitement administré et l’état de santé du patient, le médecin pourra recommander de différer un tatouage ou un piercing jusqu’à la stabilisation de la situation.

Comme pour les autres traitements anticancéreux, la décision doit toujours être prise en concertation avec l’oncologue.

À retenir

Tatouage : ⚠️ Possible dans certaines situations, uniquement après avis médical.

Piercing : ⚠️ Même recommandation.

Avis médical recommandé : Oui.

Bibliographie

Les thérapies ciblées (traitements anticancéreux oraux)

Les thérapies ciblées sont des traitements anticancéreux qui agissent spécifiquement sur certaines molécules impliquées dans le développement des cellules cancéreuses. Contrairement à la chimiothérapie classique, leur action est plus ciblée, mais elles peuvent néanmoins modifier les capacités de cicatrisation, fragiliser la peau ou augmenter le risque infectieux chez certains patients.

Pourquoi le risque est-il différent ?

Selon le médicament utilisé, les thérapies ciblées peuvent entraîner :

  • une diminution des défenses immunitaires ;

  • une cicatrisation plus lente ;

  • une fragilité cutanée ;

  • des réactions inflammatoires de la peau ;

  • un risque accru d’infection.

Ces effets sont très variables d’un traitement à l’autre.

Exemples de traitements concernés

Parmi les principales thérapies ciblées prescrites figurent notamment :

  • Imatinib (Glivec®) ;

  • Osimertinib (Tagrisso®) ;

  • Erlotinib (Tarceva®) ;

  • Gefitinib (Iressa®) ;

  • Sunitinib (Sutent®) ;

  • Sorafénib (Nexavar®) ;

  • Pazopanib (Votrient®) ;

  • Axitinib (Inlyta®) ;

  • Cabozantinib (Cabometyx®) ;

  • Lenvatinib (Kisplyx®, Lenvima®).

Peut-on finalement se faire tatouer ou percer ?

Comme pour les autres traitements anticancéreux, il n’existe pas de réponse universelle.

La décision dépend principalement :

  • du type de cancer ;

  • du traitement prescrit ;

  • de l’état général du patient ;

  • des résultats biologiques ;

  • de l’avis de l’oncologue.

Par principe de précaution, il est recommandé de demander systématiquement l’avis de son équipe médicale avant d’envisager un tatouage ou un piercing pendant un traitement par thérapie ciblée.

À retenir

Tatouage : ⚠️ À évaluer au cas par cas.

Piercing : ⚠️ À évaluer au cas par cas.

Avis médical recommandé : Oui, systématiquement.

Bibliographie

Le papillomavirus humain (HPV) et les verrues sur un tatouage

Le papillomavirus humain (HPV) est une famille de virus très répandue responsable de nombreuses lésions cutanées et muqueuses, notamment des verrues. Bien que ce risque reste rare, plusieurs publications scientifiques décrivent l’apparition de verrues directement sur des tatouages, parfois plusieurs mois, voire plusieurs années après leur réalisation.

Pourquoi le risque est-il différent ?

Le tatouage consiste à réaliser de multiples micro-effractions de la peau. Si le virus est présent au moment du tatouage ou si les conditions d’hygiène sont insuffisantes, une contamination est théoriquement possible. Les chercheurs évoquent également d’autres mécanismes, comme l’auto-inoculation d’un virus déjà présent sur la peau ou la réactivation d’une infection jusque-là silencieuse à la faveur du traumatisme cutané.

À ce jour, il est rarement possible de déterminer avec certitude l’origine exacte de la contamination dans chaque cas rapporté.

Quels sont les risques pour la cicatrisation ?

Le HPV n’altère généralement pas la cicatrisation immédiate du tatouage. En revanche, des verrues peuvent apparaître secondairement sur tout ou partie de la zone tatouée. Leur traitement peut nécessiter plusieurs séances de cryothérapie, de laser ou d’autres traitements dermatologiques, avec un risque d’altération esthétique du tatouage.

Existe-t-il un lien avec les conditions d’hygiène ?

Les règles d’hygiène jouent un rôle essentiel dans la prévention des infections lors de tout tatouage ou piercing. L’utilisation de matériel stérile à usage unique, la désinfection rigoureuse de la peau, le nettoyage et la désinfection des surfaces de travail ainsi que le respect des protocoles d’asepsie réduisent considérablement les risques de transmission des agents infectieux.

Au cours de ma carrière, j’ai personnellement observé des verrues apparaître sur des tatouages réalisés dans des établissements où l’hygiène du mobilier et de l’environnement de travail était manifestement insuffisante. Cette expérience de terrain souligne l’importance d’une hygiène irréprochable. Néanmoins, il est important de rappeler qu’il est généralement impossible d’affirmer avec certitude que le tatouage est à lui seul à l’origine de la contamination par le HPV.

Quand demander l’avis de son médecin ?

Il est recommandé de consulter un médecin ou un dermatologue si des petites excroissances cutanées, des verrues ou toute autre lésion inhabituelle apparaissent sur un tatouage, même plusieurs mois ou plusieurs années après sa réalisation.

Un diagnostic précoce permettra de proposer un traitement adapté tout en limitant le risque de propagation des lésions.

Peut-on finalement se faire tatouer ou percer ?

Oui. Le papillomavirus humain ne constitue pas une contre-indication au tatouage ou au piercing. En revanche, il rappelle l’importance de choisir un professionnel appliquant des protocoles d’hygiène stricts et conformes à la réglementation.

Pour les personnes présentant des verrues actives sur la zone à tatouer ou à percer, il est préférable de reporter le projet jusqu’à leur traitement complet.

À retenir

Tatouage : ✅ Possible, à condition qu’il soit réalisé dans des conditions d’hygiène irréprochables.

Piercing : ✅ Même recommandation.

Avis médical recommandé : Oui, en présence de verrues actives ou de lésions cutanées suspectes.

Bibliographie

Illustration représentant des traitements immunomodulateurs, du matériel de tatouage stérile et une séance de tatouage pour illustrer les précautions à prendre chez une personne atteinte d'une maladie auto-immune avant un tatouage ou un piercing.

Les maladies auto-immunes

Les maladies auto-immunes regroupent un ensemble de pathologies dans lesquelles le système immunitaire attaque par erreur les cellules ou les tissus de l’organisme. Elles concernent des organes très différents et présentent une évolution variable selon les personnes. Parmi les plus connues figurent le lupus, la polyarthrite rhumatoïde, la sclérose en plaques ou encore la maladie de Crohn.

Contrairement à une idée reçue, une maladie auto-immune ne constitue pas systématiquement une contre-indication au tatouage ou au piercing. La décision dépend principalement de l’activité de la maladie, des traitements suivis et de l’état général du patient.

Pourquoi le risque est-il différent ?

Selon la maladie concernée, l’organisme peut présenter une réaction inflammatoire plus importante ou une capacité de cicatrisation légèrement modifiée. Dans de nombreux cas, le principal facteur de risque est lié aux traitements immunosuppresseurs prescrits pour contrôler la maladie plutôt qu’à la maladie elle-même.

Lorsque la maladie est active ou en phase de poussée, il est généralement préférable de reporter le tatouage ou le piercing jusqu’à sa stabilisation.


Le lupus

Le lupus érythémateux systémique est une maladie auto-immune chronique pouvant toucher la peau, les articulations, les reins, le cœur et d’autres organes.

Chez une personne dont le lupus est stabilisé, un tatouage ou un piercing peut être envisagé après avis médical. En revanche, lors d’une poussée inflammatoire ou en présence d’un traitement immunosuppresseur important, il est préférable de différer le projet.

Certaines personnes atteintes de lupus présentent également une photosensibilité importante. Une protection solaire rigoureuse est alors indispensable après la cicatrisation d’un tatouage.

À retenir

Tatouage : ⚠️ Possible lorsque la maladie est stabilisée.

Piercing : ⚠️ Même recommandation.

Avis médical recommandé : Oui.


La polyarthrite rhumatoïde

La polyarthrite rhumatoïde est une maladie inflammatoire chronique touchant principalement les articulations.

La maladie elle-même ne contre-indique généralement pas un tatouage ou un piercing. En revanche, de nombreux patients reçoivent des biothérapies, des corticoïdes ou d’autres traitements immunomodulateurs pouvant augmenter le risque infectieux ou ralentir la cicatrisation.

Il est conseillé d’éviter toute intervention pendant une poussée inflammatoire importante.

À retenir

Tatouage : ⚠️ Généralement possible lorsque la maladie est contrôlée.

Piercing : ⚠️ Même recommandation.

Avis médical recommandé : Oui, notamment en cas de biothérapie ou de traitement immunosuppresseur.


La sclérose en plaques

La sclérose en plaques (SEP) est une maladie auto-immune du système nerveux central.

À ce jour, aucune donnée scientifique ne montre qu’un tatouage ou un piercing aggrave directement l’évolution de la maladie. En revanche, comme pour les autres maladies auto-immunes, il est préférable de réaliser le projet en dehors des poussées et après discussion avec le neurologue si un traitement immunomodulateur ou immunosuppresseur est en cours.

Le stress physique ou psychologique pouvant parfois favoriser une poussée chez certaines personnes, il est également recommandé de choisir une période où la maladie est stable.

À retenir

Tatouage : ⚠️ Généralement possible lorsque la maladie est stabilisée.

Piercing : ⚠️ Même recommandation.

Avis médical recommandé : Oui.


La maladie de Crohn

La maladie de Crohn est une maladie inflammatoire chronique de l’intestin pouvant évoluer par poussées.

Comme pour les autres maladies auto-immunes, ce n’est généralement pas la maladie elle-même qui pose problème, mais son activité et les traitements prescrits. Les immunosuppresseurs, les biothérapies ou les corticoïdes peuvent augmenter le risque infectieux et ralentir la cicatrisation.

Un tatouage ou un piercing est généralement déconseillé pendant une poussée ou lorsque l’état général est altéré.

À retenir

Tatouage : ⚠️ Possible lorsque la maladie est stabilisée.

Piercing : ⚠️ Même recommandation.

Avis médical recommandé : Oui.


Les autres maladies auto-immunes

D’autres maladies auto-immunes peuvent également nécessiter des précautions particulières, comme la spondyloarthrite ankylosante, la rectocolite hémorragique, le syndrome de Gougerot-Sjögren, la myasthénie, la sclérodermie ou encore certaines vascularites.

Dans tous les cas, la décision doit être individualisée en fonction :

  • de l’activité de la maladie ;

  • des traitements suivis ;

  • de l’état général du patient ;

  • de l’avis du médecin spécialiste.

Le choix d’un professionnel appliquant des règles d’hygiène strictes et le respect des soins de cicatrisation restent essentiels.

Bibliographie

Maladie auto-immune ≠ immunodépression

Une maladie auto-immune signifie que le système immunitaire réagit de manière inappropriée contre l’organisme. Une immunodépression correspond, au contraire, à une diminution des défenses immunitaires. Toutefois, de nombreuses maladies auto-immunes sont traitées par des médicaments immunosuppresseurs qui provoquent, eux, une immunodépression. C’est souvent ce traitement, plus que la maladie elle-même, qui justifie des précautions particulières avant un tatouage ou un piercing

Épilepsie, tatouage et piercing : précautions et contre-indications

L’épilepsie

L’épilepsie est une maladie neurologique caractérisée par la survenue de crises provoquées par une activité électrique anormale du cerveau. Sa fréquence et son intensité varient considérablement d’une personne à l’autre. Contrairement à certaines idées reçues, l’épilepsie ne constitue pas une contre-indication au tatouage ou au piercing. En revanche, certaines précautions sont nécessaires afin de limiter le risque de survenue d’une crise pendant l’intervention.

Pourquoi le risque est-il différent ?

Chez certaines personnes épileptiques, des facteurs comme le stress, la douleur, la fatigue, le manque de sommeil, l’anxiété ou encore une hypoglycémie peuvent favoriser l’apparition d’une crise.

Une séance de tatouage, en particulier lorsqu’elle est longue ou émotionnellement intense, peut réunir plusieurs de ces facteurs. Il est donc important d’en tenir compte lors de la préparation du rendez-vous.

Quels sont les risques pendant la séance ?

Le principal risque est la survenue d’une crise d’épilepsie pendant la réalisation du tatouage ou du piercing.

Une perte de connaissance ou des mouvements involontaires peuvent entraîner des blessures accidentelles si le geste est en cours. Pour cette raison, le professionnel doit être informé de la maladie avant le début de la séance afin de pouvoir adapter son organisation et réagir rapidement si nécessaire.

Quand demander l’avis de son médecin ?

Un avis médical est recommandé lorsque :

  • les crises ne sont pas stabilisées ;

  • un changement récent de traitement est intervenu ;

  • les crises sont fréquentes ;

  • le neurologue déconseille certaines activités.

En revanche, une personne dont l’épilepsie est bien contrôlée par son traitement peut généralement réaliser un tatouage ou un piercing sans difficulté particulière.

Quelles précautions prendre ?

Quelques mesures simples permettent de réduire le risque de crise :

  • dormir suffisamment la veille de la séance ;

  • ne pas venir à jeun ;

  • prendre normalement son traitement antiépileptique ;

  • éviter l’alcool ou les substances psychoactives ;

  • informer le tatoueur ou le perceur de son épilepsie ;

  • privilégier une séance plus courte si nécessaire.

En cas de crise pendant la séance, celle-ci devra être interrompue immédiatement et les premiers secours adaptés devront être appliqués.

Peut-on finalement se faire tatouer ou percer ?

Oui. Dans la majorité des cas, une personne épileptique dont la maladie est stabilisée peut tout à fait se faire tatouer ou percer.

Le dialogue entre le patient, le professionnel et, si nécessaire, le neurologue permet d’adapter les conditions de réalisation afin d’assurer une prise en charge en toute sécurité.

À retenir

Tatouage : ✅ Généralement possible lorsque l’épilepsie est stabilisée.

Piercing : ✅ Généralement possible avec les mêmes précautions.

Avis médical recommandé : Oui, si les crises sont insuffisamment contrôlées ou en cas de doute.

Conseil pratique : Ne jamais interrompre son traitement antiépileptique avant une séance de tatouage ou de piercing.

Bibliographie

Conseil du professionnel

Si un client m’indique être épileptique, je privilégie des séances plus courtes, je m’assure qu’il a mangé avant le rendez-vous, qu’il a pris son traitement habituel et je lui demande s’il existe des facteurs connus pouvant déclencher une crise. Cette discussion permet d’aborder la séance avec davantage de sérénité, tant pour le client que pour le professionnel.

Illustration représentant les principales mesures de prévention du malaise vagal avant un tatouage ou un piercing avec de l'eau, une collation, du matériel de tatouage stérile et une séance de tatouage.

Les personnes sujettes aux malaises vagaux

Le malaise vagal, également appelé syncope vasovagale, est une réaction réflexe de l’organisme provoquée par une stimulation excessive du nerf vague. Cette réaction entraîne une baisse brutale de la fréquence cardiaque et de la tension artérielle, réduisant temporairement l’irrigation du cerveau. Il peut alors apparaître une sensation de faiblesse, une forte sudation (transpiration abondante), des sueurs froides, une pâleur, des nausées, des étourdissements, des bourdonnements d’oreilles, une vision floue ou en tunnel, voire une perte de connaissance de courte durée.

Contrairement à une idée reçue, le malaise vagal n’est généralement pas une maladie et ne constitue pas une contre-indication au tatouage ou au piercing. Il s’agit d’une réaction physiologique pouvant survenir chez certaines personnes, notamment lorsqu’elles sont confrontées à un stress important, à la douleur ou à une émotion intense.

Pourquoi un malaise vagal peut-il survenir pendant un tatouage ou un piercing ?

Plusieurs facteurs peuvent favoriser sa survenue lors d’une séance :

  • le stress ou l’anxiété ;

  • la peur des aiguilles ou de la douleur ;

  • la vue du sang ;

  • une séance particulièrement longue ;

  • le manque de sommeil ;

  • le jeûne ou une hypoglycémie ;

  • la déshydratation ;

  • une température ambiante élevée.

Ces facteurs peuvent se cumuler et provoquer un malaise, même chez une personne n’en ayant jamais présenté auparavant.

Comment reconnaître un malaise vagal ?

Les premiers signes sont souvent caractéristiques :

  • sensation de chaleur ou, au contraire, de froid ;

  • forte sudation et sueurs froides ;

  • pâleur importante ;

  • nausées ;

  • bâillements répétés ;

  • sensation de faiblesse soudaine ;

  • étourdissements ;

  • bourdonnements d’oreilles ;

  • vision floue, vision en tunnel ou voile noir devant les yeux ;

  • impression de « décrocher » ou de perdre progressivement ses forces.

Lorsque ces symptômes apparaissent, il est essentiel de prévenir immédiatement le tatoueur ou le perceur afin d’interrompre la séance avant la perte de connaissance.

Comment limiter le risque ?

Quelques mesures simples permettent de réduire considérablement le risque de malaise :

  • bien dormir la veille de la séance ;

  • prendre un repas équilibré avant le rendez-vous ;

  • boire suffisamment d’eau ;

  • éviter l’alcool et les substances psychoactives ;

  • prendre normalement son traitement habituel si un traitement est prescrit ;

  • signaler au professionnel tout antécédent de malaise vagal ;

  • ne pas hésiter à demander une pause au moindre signe d’inconfort.

Pour les tatouages importants, il peut également être préférable de répartir le travail sur plusieurs séances plutôt que d’effectuer une séance particulièrement longue.

Que fait le tatoueur ou le perceur en cas de malaise ?

En cas de malaise vagal, la séance doit être interrompue immédiatement. Le professionnel met le client en sécurité, l’allonge si possible et surélève légèrement ses jambes afin de favoriser le retour du sang vers le cerveau. Il surveille ensuite son état jusqu’à la disparition complète des symptômes.

Si la perte de connaissance se prolonge, si la personne présente des difficultés respiratoires, des convulsions, une douleur thoracique, un traumatisme lié à une chute ou si le malaise survient sans cause évidente, les services d’urgence doivent être contactés sans délai.

Peut-on finalement se faire tatouer ou percer ?

Oui. Dans l’immense majorité des cas, un antécédent de malaise vagal n’empêche absolument pas de réaliser un tatouage ou un piercing.

En près de 30 ans de pratique, j’ai constaté que la majorité des malaises vagaux surviennent chez des personnes arrivant stressées, n’ayant pas suffisamment mangé, étant déshydratées ou n’osant pas signaler les premiers signes de malaise. Quelques minutes d’échange avant la séance, une bonne préparation et une interruption immédiate dès les premiers symptômes permettent souvent d’éviter la perte de connaissance.

À retenir

Tatouage : ✅ Généralement possible.

Piercing : ✅ Généralement possible.

Avis médical recommandé : Non, sauf en cas de malaises répétés, inexpliqués ou associés à une maladie connue.

Conseil pratique : Ne venez jamais à jeun, hydratez-vous correctement et informez toujours votre tatoueur ou votre perceur si vous avez déjà présenté un malaise vagal.

Bibliographie

⚠️ Idée reçue : faut-il toujours mettre une personne en Position Latérale de Sécurité (PLS) après un malaise vagal ?

Non. Tout dépend de son état de conscience.

Une confusion fréquente consiste à penser que toute personne victime d’un malaise vagal doit être placée immédiatement en Position Latérale de Sécurité (PLS). En réalité, les recommandations distinguent deux situations :

Si la personne est consciente, ou si elle reprend rapidement connaissance après le malaise, il est recommandé de :

  • interrompre immédiatement la séance ;

  • l’allonger confortablement ;

  • surélever légèrement ses jambes afin de favoriser le retour veineux vers le cœur et le cerveau ;

  • la rassurer et la laisser récupérer sans la relever trop rapidement.

En revanche, si la personne est inconsciente mais respire normalement, elle doit être placée en Position Latérale de Sécurité (PLS) afin de maintenir ses voies aériennes dégagées et de limiter le risque d’inhalation en cas de vomissement, tout en alertant les secours si nécessaire.

L’essentiel est donc d’évaluer en priorité l’état de conscience et la respiration de la personne avant de choisir la conduite à tenir.

Retour d’expérience du professionnel

Au cours de ma carrière, il m’est arrivé d’observer que certaines personnes semblaient moins bien tolérer les manipulations après un malaise vagal. Quelle que soit la conduite adoptée, il est essentiel de ne jamais relever brutalement une personne ayant fait un malaise. La surveillance, le retour progressif à la position assise puis debout et, en cas de doute, le recours aux secours restent les principes de base.

Illustration représentant un test allergique, du matériel de tatouage stérile, des encres et une séance de tatouage pour illustrer les précautions à prendre chez une personne présentant des allergies avant un tatouage ou un piercing.

Les allergies sévères

Les allergies constituent une préoccupation fréquente avant la réalisation d’un tatouage ou d’un piercing. Contrairement à une idée reçue, il n’existe pas d’« allergie au tatouage » ou d’« allergie au piercing » à proprement parler. En revanche, certaines personnes peuvent développer une réaction allergique à des substances utilisées pendant l’intervention ou présentes dans les bijoux de piercing, les encres de tatouage, les produits antiseptiques ou encore les produits de soins.

Les réactions allergiques sont rares, mais elles peuvent parfois être importantes et nécessiter une prise en charge médicale.

Pourquoi le risque est-il différent ?

Une réaction allergique correspond à une réponse excessive du système immunitaire face à une substance normalement inoffensive.

Dans le domaine du tatouage et du piercing, les principaux allergènes sont notamment :

  • certains pigments de tatouage, en particulier certaines encres rouges, jaunes ou oranges ;

  • le nickel contenu dans certains bijoux de mauvaise qualité ;

  • le latex (désormais largement remplacé par le nitrile dans les studios professionnels) ;

  • certains antiseptiques ou produits de désinfection ;

  • certains produits de cicatrisation.

Le choix de matériaux conformes à la réglementation européenne et de produits adaptés permet de limiter considérablement ces risques. (echa.europa.eu, ansm.sante.fr)

Quels sont les signes d’une réaction allergique ?

Une allergie peut se manifester par :

  • des rougeurs persistantes ;

  • des démangeaisons importantes ;

  • un gonflement inhabituel ;

  • l’apparition de plaques ou d’eczéma ;

  • de petites vésicules ;

  • plus rarement, une réaction généralisée pouvant nécessiter une prise en charge urgente.

Une réaction allergique peut apparaître immédiatement, mais également plusieurs semaines, plusieurs mois, voire plusieurs années après la réalisation d’un tatouage.

Les allergies connues doivent-elles être signalées ?

Oui, impérativement.

Toute personne présentant des antécédents d’allergie au nickel, au latex, aux antiseptiques, aux pansements, à certains médicaments ou ayant déjà développé une réaction allergique après un tatouage ou un piercing doit en informer le professionnel avant toute intervention.

Cette information permettra d’adapter le choix des produits et des matériaux utilisés.

Peut-on réaliser des tests allergiques avant un tatouage ?

Contrairement à une idée largement répandue, il n’existe pas de test fiable permettant de prédire toutes les réactions allergiques aux encres de tatouage.

Les tests cutanés ne permettent pas de reproduire les conditions d’injection des pigments dans le derme et peuvent eux-mêmes entraîner une sensibilisation. En cas d’antécédents allergiques complexes, un avis auprès d’un allergologue ou d’un dermatologue peut être recommandé.

Peut-on finalement se faire tatouer ou percer ?

Dans la majorité des cas, oui.

Une personne allergique peut généralement réaliser un tatouage ou un piercing à condition que ses allergies soient connues, que le professionnel en soit informé et que des produits adaptés soient utilisés.

En revanche, toute réaction allergique importante après l’intervention doit conduire à consulter rapidement un médecin.

À retenir

Tatouage : ✅ Généralement possible, avec des précautions adaptées.

Piercing : ✅ Généralement possible, en privilégiant des bijoux de qualité implantable (titane ASTM F-136, niobium ou or adapté au piercing).

Avis médical recommandé : Oui, en cas d’antécédents de réactions allergiques sévères ou multiples.

Bibliographie

Pour approfondir ce sujet

Les réactions allergiques liées aux pigments de tatouage, la réglementation européenne REACH, les pigments les plus fréquemment impliqués ainsi que les dernières connaissances scientifiques sont détaillés dans notre guide complet consacré aux encres de tatouage.

👉 Pour en savoir plus : Encres de tatouage : le guide complet 

Illustration représentant les principales maladies de peau (eczéma, ichtyose, psoriasis et vitiligo), des soins dermatologiques, du matériel de tatouage stérile et une séance de tatouage afin d'illustrer les précautions à prendre avant un tatouage ou un piercing.

Le psoriasis

Le psoriasis est une maladie inflammatoire chronique de la peau qui accélère le renouvellement des cellules cutanées. Il se manifeste par l’apparition de plaques rouges recouvertes de squames blanchâtres, pouvant toucher différentes parties du corps. Bien qu’il ne soit ni contagieux ni infectieux, le psoriasis nécessite certaines précautions avant la réalisation d’un tatouage ou d’un piercing.

Contrairement à une idée reçue, le psoriasis ne constitue pas une contre-indication absolue au tatouage ou au piercing. La décision dépend principalement de l’activité de la maladie, de la localisation des lésions et des traitements suivis.

Pourquoi le risque est-il différent ?

Le tatouage comme le piercing provoquent une effraction cutanée. Chez certaines personnes atteintes de psoriasis, ce traumatisme peut déclencher l’apparition de nouvelles plaques sur une peau jusque-là saine. Ce phénomène est appelé phénomène de Koebner ou réponse isomorphe de Koebner. Il peut survenir quelques jours à plusieurs semaines après le traumatisme cutané. (msdmanuals.com, dermnetnz.org)

Quels sont les risques pour la cicatrisation ?

En dehors d’une poussée, la cicatrisation est généralement comparable à celle de la population générale. En revanche, si le tatouage est réalisé sur une plaque active ou pendant une poussée importante, la cicatrisation peut être plus difficile et le résultat esthétique moins satisfaisant.

Les traitements immunomodulateurs ou immunosuppresseurs prescrits dans certaines formes sévères peuvent également augmenter le risque infectieux ou ralentir la cicatrisation.

Peut-on tatouer une plaque de psoriasis ?

Il est fortement déconseillé de tatouer directement sur une plaque active de psoriasis.

Outre le risque de mauvaise cicatrisation, le rendu du tatouage peut être altéré et l’évolution de la maladie difficile à prévoir. Il est préférable d’attendre une période de rémission et de choisir une zone de peau saine après avis du dermatologue si nécessaire.

Quand demander l’avis de son médecin ?

Un avis médical est recommandé lorsque :

  • le psoriasis est en poussée ;

  • les lésions sont étendues ;

  • un traitement immunosuppresseur ou une biothérapie est en cours ;

  • la zone à tatouer ou à percer est concernée par la maladie.

Le dermatologue pourra évaluer si le projet peut être réalisé dans de bonnes conditions.

Peut-on finalement se faire tatouer ou percer ?

Oui, dans de nombreux cas.

Une personne atteinte de psoriasis stable peut généralement réaliser un tatouage ou un piercing, à condition d’éviter les lésions actives, de choisir un professionnel respectant des règles d’hygiène strictes et de suivre attentivement les soins de cicatrisation.

Il est néanmoins important d’être informé du risque de phénomène de Koebner, qui peut entraîner l’apparition de nouvelles plaques sur la zone tatouée, même lorsque la maladie semblait stabilisée.

À retenir

Tatouage : ⚠️ Généralement possible lorsque le psoriasis est stable, en évitant les plaques actives.

Piercing : ⚠️ Généralement possible avec les mêmes précautions.

Avis médical recommandé : Oui, en cas de poussée, de traitement immunosuppresseur ou de doute sur l’évolution de la maladie.

Bibliographie

L’ichtyose (« maladie de la peau de crocodile »)

L’ichtyose est un groupe de maladies génétiques ou, plus rarement, acquises, caractérisées par un renouvellement anormal de la peau. Elle se manifeste par une sécheresse cutanée importante, une accumulation de squames plus ou moins épaisses et une peau pouvant évoquer, selon les formes, des écailles de poisson ou une « peau de crocodile ». Bien que cette maladie soit parfois spectaculaire, elle n’est pas contagieuse.

L’ichtyose ne constitue pas une contre-indication absolue au tatouage ou au piercing. En revanche, les particularités de la peau peuvent rendre la réalisation plus délicate et influencer la qualité de la cicatrisation ainsi que le résultat esthétique final.

Pourquoi le risque est-il différent ?

Chez les personnes atteintes d’ichtyose, la peau est souvent plus sèche, plus épaisse et moins souple que la normale. La pénétration régulière des pigments peut être plus difficile et certaines zones peuvent présenter une texture irrégulière.

Selon la forme d’ichtyose et sa sévérité, la barrière cutanée peut également être altérée, ce qui nécessite une vigilance particulière concernant l’hygiène et les soins de cicatrisation.

Quels sont les risques pour la cicatrisation ?

La cicatrisation est très variable d’un patient à l’autre.

Chez certaines personnes, elle est comparable à celle observée sur une peau saine. Chez d’autres, la sécheresse importante et les anomalies de kératinisation peuvent ralentir la réparation des tissus ou rendre le résultat du tatouage moins homogène.

Une hydratation régulière de la peau, conformément aux recommandations du dermatologue, constitue un élément essentiel de la prise en charge avant et après la cicatrisation.

Peut-on tatouer une peau atteinte d’ichtyose ?

Oui, dans de nombreux cas.

Il est toutefois préférable d’éviter les zones présentant une inflammation importante, des fissures, des lésions actives ou une sécheresse particulièrement marquée. Lorsque cela est possible, il peut être judicieux de choisir une région du corps où la peau est moins atteinte afin de favoriser une meilleure réalisation du tatouage et une cicatrisation plus homogène.

Au cours de ma carrière, j’ai eu l’occasion de tatouer une personne atteinte d’ichtyose. L’examen préalable de sa peau nous a permis d’identifier une zone moins touchée par la maladie, offrant de meilleures conditions pour réaliser le tatouage. Cette approche, adaptée à chaque client, permet souvent d’obtenir un résultat plus satisfaisant tout en limitant les difficultés liées aux particularités de la peau.

Lorsque l’ichtyose est sévère ou mal contrôlée, un avis dermatologique reste recommandé avant d’entreprendre le projet.

Quand demander l’avis de son médecin ?

Un avis médical est recommandé lorsque :

  • l’ichtyose est sévère ou très étendue ;

  • la peau présente des fissures importantes ou des lésions inflammatoires ;

  • un traitement dermatologique spécifique est en cours ;

  • des infections cutanées surviennent régulièrement.

Le dermatologue pourra confirmer que la peau est dans un état compatible avec la réalisation du tatouage ou du piercing.

Peut-on finalement se faire tatouer ou percer ?

Oui. Dans la majorité des cas, l’ichtyose n’interdit pas un tatouage ou un piercing.

Le projet doit cependant être adapté à l’état de la peau, réalisé dans des conditions d’hygiène irréprochables et accompagné d’un suivi attentif de la cicatrisation. Une bonne communication entre le client, le tatoueur et le dermatologue permet généralement d’obtenir les meilleures conditions de sécurité.

À retenir

Tatouage : ⚠️ Généralement possible, après évaluation de l’état de la peau.

Piercing : ⚠️ Généralement possible si la zone concernée ne présente pas de lésions actives.

Avis médical recommandé : Oui, en cas de forme sévère ou de doute sur l’état cutané.

Bibliographie

L’eczéma

L’eczéma, également appelé dermatite, est une maladie inflammatoire de la peau caractérisée par des rougeurs, des démangeaisons, une sécheresse cutanée et parfois de petites vésicules ou des fissures. Il existe plusieurs formes d’eczéma, dont la plus fréquente est la dermatite atopique.

Contrairement à une idée reçue, l’eczéma ne constitue pas une contre-indication absolue au tatouage ou au piercing. En revanche, certaines précautions sont nécessaires afin de limiter le risque de complications et d’obtenir une bonne cicatrisation.

Pourquoi le risque est-il différent ?

L’eczéma altère la barrière cutanée, rendant la peau plus sensible aux agressions extérieures et parfois plus vulnérable aux infections.

Le tatouage comme le piercing provoquent une effraction cutanée qui peut, chez certaines personnes, déclencher ou aggraver une poussée d’eczéma. Comme pour le psoriasis, un phénomène de Koebner peut exceptionnellement être observé, entraînant l’apparition de nouvelles lésions sur une peau auparavant saine. (dermnetnz.org)

Quels sont les risques pour la cicatrisation ?

Lorsque l’eczéma est en poussée, la peau est inflammatoire, fragilisée et parfois fissurée. Dans ce contexte, la cicatrisation peut être plus longue et le risque d’infection locale légèrement augmenté.

À l’inverse, lorsqu’il est bien contrôlé et qu’aucune lésion active n’est présente sur la zone concernée, un tatouage ou un piercing cicatrise généralement dans de bonnes conditions.

Peut-on tatouer une peau atteinte d’eczéma ?

Il est fortement déconseillé de tatouer directement une plaque d’eczéma active ou une zone présentant des lésions inflammatoires.

Lorsque cela est possible, il est préférable de choisir une région du corps où la peau est saine et de réaliser le tatouage pendant une période de rémission de la maladie.

Quand demander l’avis de son médecin ?

Un avis médical est recommandé lorsque :

  • l’eczéma est en poussée ;

  • les lésions sont étendues ;

  • un traitement immunosuppresseur est en cours ;

  • des infections cutanées surviennent régulièrement ;

  • la zone à tatouer ou à percer est atteinte.

Le dermatologue pourra confirmer que la peau est compatible avec la réalisation du projet.

Peut-on finalement se faire tatouer ou percer ?

Oui. Une personne atteinte d’eczéma peut généralement réaliser un tatouage ou un piercing lorsque sa maladie est stabilisée et qu’aucune lésion active n’est présente sur la zone concernée.

Le choix d’un professionnel appliquant des règles d’hygiène strictes et le respect rigoureux des soins de cicatrisation sont essentiels afin de limiter le risque de complications.

À retenir

Tatouage : ⚠️ Généralement possible en dehors des poussées et sur une peau saine.

Piercing : ⚠️ Généralement possible avec les mêmes précautions.

Avis médical recommandé : Oui, en cas de poussée importante, de traitement immunosuppresseur ou de doute sur l’état de la peau.

Bibliographie

Pour aller plus loin

Si vous souhaitez en savoir davantage sur les différentes approches d’hygiène cutanée et sur la place de l’argent colloïdal dans le domaine du tatouage, du piercing et de certaines affections de la peau, consultez notre article dédié :

👉 L’argent colloïdal : usages, précautions et applications en tatouage et piercing.

Le vitiligo

Le vitiligo est une maladie auto-immune chronique caractérisée par la disparition progressive des mélanocytes, les cellules responsables de la pigmentation de la peau. Il en résulte l’apparition de taches blanches plus ou moins étendues sur différentes parties du corps. Bien qu’il ne soit ni contagieux ni douloureux, le vitiligo nécessite certaines précautions avant la réalisation d’un tatouage ou d’un piercing.

Contrairement à une idée reçue, le vitiligo ne constitue pas une contre-indication absolue au tatouage ou au piercing. Toutefois, l’évolution parfois imprévisible de la maladie peut influencer le résultat esthétique à long terme.

Pourquoi le risque est-il différent ?

Chez certaines personnes atteintes de vitiligo, un traumatisme cutané, comme un tatouage, un piercing, une coupure ou une brûlure, peut favoriser l’apparition de nouvelles zones dépigmentées. Ce phénomène est appelé phénomène de Koebner, déjà évoqué dans le chapitre consacré au psoriasis. Il correspond à l’apparition de lésions caractéristiques de la maladie sur une peau auparavant saine à la suite d’un traumatisme. (dermnetnz.org)

Le risque est principalement esthétique : une nouvelle plaque de vitiligo peut apparaître au niveau ou autour du tatouage, modifiant progressivement son apparence.

Quels sont les risques pour la cicatrisation ?

Le vitiligo n’altère généralement pas la capacité de la peau à cicatriser.

En revanche, si de nouvelles zones de dépigmentation apparaissent au cours de l’évolution de la maladie, elles peuvent modifier les couleurs et les contrastes du tatouage au fil du temps.

Peut-on tatouer une zone atteinte de vitiligo ?

Il est généralement déconseillé de tatouer une zone où le vitiligo est en cours d’évolution ou récemment apparu.

Lorsque la maladie est stable depuis plusieurs années et que le dermatologue estime qu’elle est peu évolutive, un tatouage peut être envisagé après une information complète du client sur les risques esthétiques potentiels.

Le tatouage ne traite pas le vitiligo et ne doit pas être considéré comme une solution médicale destinée à masquer les lésions, sauf dans des situations très particulières relevant de la dermopigmentation médicale.

Quand demander l’avis de son médecin ?

Un avis dermatologique est recommandé lorsque :

  • le vitiligo est en évolution ;

  • de nouvelles plaques apparaissent régulièrement ;

  • un traitement est en cours ;

  • le projet concerne une zone récemment dépigmentée.

Le dermatologue pourra évaluer la stabilité de la maladie et informer le patient sur le risque de phénomène de Koebner.

Peut-on finalement se faire tatouer ou percer ?

Oui, dans de nombreux cas.

Une personne atteinte de vitiligo stable peut généralement réaliser un tatouage ou un piercing, à condition d’être informée des éventuelles conséquences esthétiques liées à l’évolution de la maladie.

Le choix d’un professionnel expérimenté et le respect des soins de cicatrisation demeurent essentiels.

À retenir

Tatouage : ⚠️ Généralement possible lorsque le vitiligo est stable, après information sur le risque de phénomène de Koebner.

Piercing : ✅ Généralement possible avec les précautions habituelles.

Avis médical recommandé : Oui, si la maladie est évolutive ou en cas de doute sur sa stabilité.

Bibliographie

Les grains de beauté (nævus)

Contrairement à certaines idées reçues, les grains de beauté (nævus) ne constituent pas une maladie. Il s’agit de lésions cutanées bénignes extrêmement fréquentes, présentes chez la majorité de la population. Pourtant, ils méritent une attention toute particulière avant la réalisation d’un tatouage.

Pourquoi les grains de beauté posent-ils problème ?

La principale difficulté n’est pas le tatouage lui-même, mais la surveillance médicale des nævus.

Un tatouage réalisé directement sur un grain de beauté peut masquer son évolution au fil des années et compliquer le dépistage précoce d’un éventuel Mélanome. Les dermatologues évaluent notamment la forme, les contours, la couleur, la taille et les éventuelles modifications d’un nævus. Une encre de tatouage peut rendre cette surveillance beaucoup plus difficile.

Faut-il éviter de tatouer un grain de beauté ?

Oui.

La recommandation généralement admise est de ne jamais tatouer directement sur un grain de beauté. Lorsque cela est possible, le tatoueur adapte son dessin afin de laisser le nævus parfaitement visible.

Cette précaution permet :

  • de continuer à surveiller facilement son évolution ;
  • de faciliter un éventuel examen dermatologique ;
  • d’éviter qu’une modification suspecte passe inaperçue.

Et si le tatouage est déjà réalisé ?

Si un tatouage recouvre déjà un grain de beauté, cela ne signifie pas qu’un problème apparaîtra nécessairement. En revanche, il devient d’autant plus important d’effectuer une surveillance régulière de cette zone et de consulter un dermatologue en cas de doute.

Toute modification d’un grain de beauté (augmentation de taille, changement de couleur, contours irréguliers, démangeaisons, saignement…) doit conduire à demander rapidement un avis médical.

Notre conseil

Lors de la préparation de votre projet, signalez toujours à votre tatoueur la présence de grains de beauté situés dans la zone à tatouer. Un professionnel expérimenté pourra généralement adapter le dessin afin de les contourner et de préserver leur visibilité.

Cette simple précaution contribue à protéger votre santé tout en permettant un suivi dermatologique efficace.


Bibliographie

Le molluscum contagiosum

Le molluscum contagiosum est une infection cutanée bénigne provoquée par un virus. Elle se manifeste par l’apparition de petites papules rondes, lisses, couleur chair ou légèrement nacrées, présentant souvent un petit creux en leur centre.

Très fréquent chez les enfants, il peut également toucher les adolescents et les adultes, notamment par contact cutané rapproché ou via des objets contaminés.

Pourquoi est-ce important en tatouage et en piercing ?

Le molluscum contagiosum est hautement contagieux.

Si une personne présente des lésions actives dans la zone à tatouer ou à percer, il est préférable de reporter la séance jusqu’à leur disparition complète.

Tatouer directement sur une lésion expose à plusieurs risques :

  • disséminer le virus sur une plus grande surface de peau ;
  • favoriser une surinfection bactérienne ;
  • retarder la cicatrisation ;
  • contaminer indirectement le matériel ou l’environnement de travail si les règles d’hygiène ne sont pas rigoureusement respectées.

Le rôle de l’hygiène

Comme pour le papillomavirus, le respect des protocoles d’hygiène est essentiel.

Le matériel à usage unique, la désinfection des surfaces de travail, le changement de gants lorsque cela est nécessaire et l’absence de contact avec des lésions cutanées suspectes permettent de limiter très efficacement le risque de transmission croisée.

Peut-on se faire tatouer après un molluscum contagiosum ?

Oui.

Une fois les lésions complètement guéries et la peau redevenue saine, il n’existe généralement plus de contre-indication particulière au tatouage ou au piercing.

En cas de doute sur la nature d’une lésion cutanée, un avis médical est recommandé avant toute séance.

Notre conseil

Si vous remarquez de petites lésions rondes ou ombiliquées sur votre peau avant un tatouage ou un piercing, signalez-les à votre tatoueur ou à votre perceur et consultez un professionnel de santé si nécessaire. Reporter une séance de quelques semaines est souvent préférable à prendre le risque de compliquer la cicatrisation ou de favoriser la transmission de l’infection.


Bibliographie

Papillomavirus, molluscum contagiosum, mycoses ou infections bactériennes (type herpes, etc) ont un point commun : ils rappellent qu'un tatouage ou un piercing ne doit jamais être réalisé sur une peau présentant une lésion active ou une infection en cours. Une peau saine reste la première condition d'une cicatrisation optimale.

Illustration représentant un thermomètre, des symboles d'infection, du matériel de tatouage stérile et une séance de tatouage pour illustrer les précautions à prendre en cas de fièvre ou d'infection avant un tatouage ou un piercing.

Fièvre ou infection en cours

La présence d’une fièvre ou d’une infection en cours constitue une situation dans laquelle il est préférable de reporter la réalisation d’un tatouage ou d’un piercing. Même si cette contre-indication est généralement temporaire, elle permet de limiter le risque de complications et de favoriser une cicatrisation optimale.

Pourquoi le risque est-il différent ?

Lorsqu’une personne présente une infection, son système immunitaire est déjà mobilisé pour lutter contre un agent infectieux, qu’il s’agisse d’une bactérie, d’un virus, d’un champignon ou d’un autre micro-organisme.

Le tatouage et le piercing provoquent volontairement une effraction cutanée qui déclenche un processus inflammatoire normal de cicatrisation. Ajouter cette sollicitation alors que l’organisme combat déjà une infection peut augmenter le risque de complications et retarder la guérison.

Quelles infections sont concernées ?

Il est conseillé de reporter la séance en présence notamment de :

  • fièvre, quelle qu’en soit la cause ;

  • grippe ou syndrome grippal ;

  • COVID-19 ou autre infection virale aiguë ;

  • angine ou infection ORL ;

  • bronchite ou pneumonie ;

  • gastro-entérite ;

  • infection dentaire ou abcès ;

  • infection urinaire ;

  • infection cutanée (furoncle, impétigo, cellulite, abcès, etc.) ;

  • toute autre infection nécessitant un traitement médical.

Même une infection apparemment bénigne peut perturber la cicatrisation ou altérer l’état général du patient.

Pourquoi faut-il attendre la guérison ?

Attendre la disparition complète des symptômes permet à l’organisme de consacrer pleinement ses ressources au processus de cicatrisation.

Dans certains cas, une infection s’accompagne également de la prise d’antibiotiques, d’anti-inflammatoires ou d’autres traitements pouvant eux-mêmes influencer la cicatrisation ou masquer les premiers signes d’une complication.

Quand peut-on reprogrammer son tatouage ou son piercing ?

La séance peut généralement être reprogrammée lorsque :

  • la fièvre a totalement disparu ;

  • l’infection est guérie ;

  • le traitement est terminé, si le médecin ne recommande pas de délai supplémentaire ;

  • l’état général est revenu à la normale.

En cas de doute, il est préférable de demander l’avis de son médecin avant de fixer une nouvelle date.

Peut-on finalement se faire tatouer ou percer ?

Oui, mais uniquement après guérison.

Reporter une séance de quelques jours ou de quelques semaines est toujours préférable à prendre le risque de compliquer une infection déjà présente ou de compromettre la qualité de la cicatrisation.

En tant que professionnel, il est de ma responsabilité de refuser temporairement de réaliser un tatouage ou un piercing lorsqu’un client présente des signes évidents de maladie infectieuse ou de fièvre. Cette décision est prise dans l’intérêt du client et contribue également à protéger les autres personnes présentes dans le studio.

À retenir

Tatouage : ❌ À reporter jusqu’à la guérison complète.

Piercing : ❌ À reporter jusqu’à la guérison complète.

Avis médical recommandé : Oui, si l’infection est importante, persistante ou si un traitement est en cours.

Bibliographie

Future maman tatouée tenant son ventre de grossesse avec une échographie posée sur ses genoux, illustrant les précautions liées au tatouage et au piercing pendant la grossesse.

Grossesse et allaitement

La grossesse et l’allaitement soulèvent de nombreuses interrogations chez les personnes souhaitant réaliser un tatouage ou un piercing. Bien qu’il n’existe que peu d’études scientifiques sur ce sujet, la majorité des autorités sanitaires et des professionnels de santé recommandent de reporter ces interventions jusqu’à la fin de la grossesse.

Cette précaution ne repose pas sur un risque démontré pour le bébé lié aux pigments de tatouage ou aux bijoux de piercing, mais sur la volonté d’éviter toute complication pouvant survenir chez la future mère, comme une infection, une réaction allergique, un malaise ou une cicatrisation difficile.

Pourquoi le risque est-il différent ?

Pendant la grossesse, l’organisme subit d’importantes modifications hormonales, immunitaires et circulatoires pouvant influencer la cicatrisation et la réponse inflammatoire.

Même si les complications restent rares lorsqu’un tatouage ou un piercing est réalisé dans de bonnes conditions d’hygiène, une infection ou un traitement antibiotique pendant la grossesse peuvent avoir des conséquences plus importantes que chez une personne non enceinte.

Qu’en est-il de l’allaitement ?

Concernant l’allaitement, les données scientifiques disponibles ne mettent pas en évidence de passage significatif des pigments de tatouage dans le lait maternel. Toutefois, les recommandations restent prudentes et invitent à évaluer chaque situation individuellement.

Le principal risque demeure celui d’une infection ou d’une complication locale pouvant nécessiter un traitement médical.

Quand demander l’avis de son médecin ?

Un avis médical est recommandé en cas de grossesse ou d’allaitement, en particulier si un traitement est en cours ou si la grossesse présente des particularités médicales.

Peut-on finalement se faire tatouer ou percer ?

Par principe de précaution, il est généralement recommandé de reporter un tatouage ou un piercing jusqu’à la fin de la grossesse.

Concernant l’allaitement, la décision doit être prise au cas par cas, après une information complète sur les bénéfices, les risques potentiels et les précautions à respecter.

À retenir

Tatouage : ❌ Généralement déconseillé pendant la grossesse.

Piercing : ❌ Généralement déconseillé pendant la grossesse (hors changement de bijou sur un piercing déjà cicatrisé si nécessaire).

Allaitement : ⚠️ Évaluation au cas par cas.

Avis médical recommandé : Oui.

Pour approfondir ce sujet

La grossesse et l’allaitement soulèvent de nombreuses questions spécifiques qui méritent un développement plus complet. Nous leur avons consacré un article détaillé abordant les recommandations médicales, les précautions à prendre, les idées reçues et les réponses aux questions les plus fréquentes.

👉 Retrouvez notre guide complet consacré au tatouage, au piercing, à la grossesse et à l’allaitement.

Bibliographie

Tableau récapitulatif des principales contre-indications et précautions médicales

Le tableau ci-dessous synthétise les principales pathologies, situations médicales et traitements susceptibles d’influencer la réalisation d’un tatouage ou d’un piercing. Il ne remplace pas un avis médical, mais permet d’identifier rapidement les situations nécessitant des précautions particulières.

Pathologie, situation ou traitementTatouagePiercingAvis médical
Diabète⚠️ Possible sous conditions⚠️ Possible sous conditionsOui si diabète mal équilibré ou compliqué
Hémophilie⚠️ Sous conditions⚠️ Sous conditionsOui, systématiquement
Maladie de Willebrand⚠️ Sous conditions⚠️ Sous conditionsOui, systématiquement
Traitement anticoagulant⚠️ Sous conditions⚠️ Sous conditionsOui, systématiquement
Maladies cardiovasculaires✅ Généralement possible✅ Généralement possibleSelon la cardiopathie
VIH stabilisé⚠️ Généralement possible⚠️ Généralement possibleOui
Transplantation d’organe⚠️ Selon l’état de santé⚠️ Selon l’état de santéOui, systématiquement
Traitement immunosuppresseur⚠️ Sous conditions⚠️ Sous conditionsOui
Cancer⚠️ Selon le traitement⚠️ Selon le traitementOui
Chimiothérapie❌ Déconseillé pendant le traitement❌ Déconseillé pendant le traitementOui, systématiquement
Radiothérapie⚠️ Éviter la zone irradiée⚠️ Même recommandationOui
Immunothérapie⚠️ Selon le traitement⚠️ Selon le traitementOui
Papillomavirus (HPV)✅ Généralement possible✅ Généralement possibleEn cas de lésions actives
Maladies auto-immunes⚠️ Selon l’activité de la maladie⚠️ Selon l’activité de la maladieOui
Épilepsie stabilisée✅ Généralement possible✅ Généralement possibleSi les crises persistent
Malaises vagaux✅ Généralement possible✅ Généralement possibleNon, sauf malaises répétés
Allergies sévères⚠️ Sous conditions⚠️ Sous conditionsOui
Psoriasis⚠️ Hors poussée⚠️ Hors pousséeOui
Ichtyose (« peau de crocodile »)⚠️ Selon l’état de la peau⚠️ Selon la localisationOui si forme sévère
Eczéma⚠️ Hors poussée⚠️ Hors pousséeOui
Vitiligo⚠️ Si maladie stabilisée✅ Généralement possibleOui si maladie évolutive
Grossesse❌ Déconseillé❌ DéconseilléOui
Allaitement⚠️ Évaluation au cas par cas⚠️ Évaluation au cas par casOui
Fièvre ou infection en cours❌ À reporter❌ À reporterSelon l’infection
Corticoïdes (corticothérapie)⚠️ Selon la dose et la durée⚠️ Selon la dose et la duréeOui
Isotrétinoïne (Roaccutane® et génériques)⚠️ Selon le traitement⚠️ Selon le traitementOui
Biothérapies⚠️ Sous conditions⚠️ Sous conditionsOui

Légende

  • ✅ Généralement possible : aucune contre-indication particulière lorsque les règles d’hygiène sont respectées et que l’état de santé est stable.

  • ⚠️ Sous conditions : des précautions particulières ou un avis médical peuvent être nécessaires.

  • ❌ À reporter / Déconseillé : le tatouage ou le piercing est généralement différé jusqu’à l’amélioration de la situation médicale.

  • Avis médical : une consultation auprès du médecin traitant ou du spécialiste est recommandée avant toute intervention lorsque cela est indiqué.

Illustration représentant des médicaments, une machine à tatouer, du matériel stérile et une liste de recommandations pour illustrer les précautions à prendre avant un tatouage ou un piercing lorsqu'un traitement médicamenteux est en cours.

 Les traitements médicamenteux

La prise d’un traitement médicamenteux ne constitue pas systématiquement une contre-indication au tatouage ou au piercing. En revanche, certains médicaments peuvent modifier la coagulation du sang, ralentir la cicatrisation, diminuer les défenses immunitaires, augmenter le risque infectieux ou encore rendre la peau plus fragile.

Il est donc essentiel d’informer son tatoueur ou son perceur de tout traitement en cours avant la réalisation d’un acte. Cette information permet d’évaluer les éventuelles précautions à prendre et, lorsque cela est nécessaire, d’orienter le client vers son médecin traitant ou son spécialiste.

Dans la majorité des cas, il n’est jamais recommandé d’interrompre un traitement de sa propre initiative dans le seul but de réaliser un tatouage ou un piercing. Une modification ou un arrêt de traitement ne doit être décidé que par le médecin qui l’a prescrit, après avoir évalué le rapport bénéfice/risque.

Les chapitres suivants présentent les principales familles de médicaments pouvant nécessiter des précautions particulières avant un tatouage ou un piercing.

Les corticoïdes (corticothérapie)

Les corticoïdes, également appelés corticostéroïdes ou glucocorticoïdes, sont des médicaments largement utilisés pour traiter de nombreuses maladies inflammatoires, allergiques, auto-immunes ou respiratoires. Parmi les plus connus figurent la prednisone, la prednisolone, la méthylprednisolone ou encore la dexaméthasone.

La prise d’un traitement par corticoïdes ne constitue pas systématiquement une contre-indication au tatouage ou au piercing. En revanche, certaines situations nécessitent des précautions particulières, notamment lorsque le traitement est prolongé ou administré à forte dose.

Pourquoi le risque est-il différent ?

Les corticoïdes diminuent l’inflammation en agissant sur le système immunitaire. Bien que cet effet soit recherché pour traiter certaines maladies, il peut également ralentir la cicatrisation, diminuer les défenses de l’organisme et augmenter le risque d’infection.

L’importance de ce risque dépend principalement :

  • de la dose prescrite ;

  • de la durée du traitement ;

  • de la maladie traitée ;

  • de l’état général du patient.

Un traitement local (crème, pommade ou inhalateur) n’a généralement pas les mêmes conséquences qu’une corticothérapie générale prise par voie orale ou injectable.

Quels sont les risques pour la cicatrisation ?

Chez les personnes recevant une corticothérapie prolongée ou à forte dose, la peau peut devenir plus fine et plus fragile.

Le processus de cicatrisation peut être ralenti, avec un risque légèrement accru d’infection ou de retard de réparation des tissus.

Lorsque le traitement est de courte durée ou à faible dose, ces effets sont généralement beaucoup moins marqués.

Quand demander l’avis de son médecin ?

Un avis médical est recommandé notamment lorsque :

  • le traitement est pris par voie orale ou injectable ;

  • il est prescrit depuis plusieurs semaines ou plusieurs mois ;

  • les doses sont élevées ;

  • une maladie chronique importante est associée ;

  • d’autres traitements immunosuppresseurs sont également prescrits.

Le médecin pourra déterminer si le projet peut être réalisé immédiatement ou s’il est préférable d’attendre une diminution ou l’arrêt du traitement.

Peut-on finalement se faire tatouer ou percer ?

Dans de nombreux cas, oui.

Une corticothérapie de courte durée ou à faible dose ne contre-indique généralement pas un tatouage ou un piercing.

En revanche, lorsqu’un traitement prolongé ou fortement dosé est en cours, il est préférable de demander l’avis du médecin afin d’évaluer le risque infectieux et les capacités de cicatrisation.

Il est important de rappeler qu’un traitement par corticoïdes ne doit jamais être interrompu de sa propre initiative dans le seul but de réaliser un tatouage ou un piercing.

À retenir

Tatouage : ⚠️ Généralement possible, selon la dose, la durée du traitement et la maladie concernée.

Piercing : ⚠️ Même recommandation.

Avis médical recommandé : Oui, en cas de corticothérapie générale prolongée ou à forte dose.

Ne jamais interrompre son traitement sans l’accord du médecin.

Bibliographie

Exemples de corticoïdes :

  • Prednisone
  • Prednisolone
  • Solupred®
  • Cortancyl®
  • Medrol®
  • Dexaméthasone (Decadron®)
  • Hydrocortisone

Les biothérapies

Les biothérapies, également appelées médicaments biologiques ou biomédicaments, sont des traitements ciblés utilisés pour prendre en charge de nombreuses maladies inflammatoires, auto-immunes et certains cancers. Contrairement aux traitements classiques, elles agissent sur des mécanismes très précis du système immunitaire afin de limiter l’inflammation ou de contrôler l’évolution de la maladie.

La prise d’une biothérapie ne constitue pas systématiquement une contre-indication au tatouage ou au piercing. En revanche, ces traitements pouvant modifier les défenses immunitaires, certaines précautions sont indispensables.

Pourquoi le risque est-il différent ?

Les biothérapies diminuent ou modulent l’activité de certaines cellules ou molécules du système immunitaire.

Cet effet thérapeutique peut également augmenter le risque d’infection ou ralentir légèrement la cicatrisation chez certains patients. Toutefois, ce risque varie selon le médicament utilisé, la maladie traitée et l’état général du patient.

Toutes les biothérapies n’ont pas le même impact sur le système immunitaire.

Quels sont les risques pour la cicatrisation ?

Chez la majorité des patients dont la maladie est stabilisée, la cicatrisation reste satisfaisante.

Toutefois, une surveillance plus attentive est recommandée afin de détecter rapidement tout signe d’infection ou de retard de cicatrisation, notamment lorsque d’autres traitements immunosuppresseurs sont associés.

Quand demander l’avis de son médecin ?

Un avis médical est recommandé dans tous les cas avant la réalisation d’un tatouage ou d’un piercing sous biothérapie.

Le médecin évaluera notamment :

  • la stabilité de la maladie ;

  • le type de biothérapie prescrite ;

  • la date de la dernière injection ou perfusion ;

  • la présence éventuelle d’autres traitements immunosuppresseurs ;

  • le risque infectieux individuel.

Selon les cas, il pourra recommander de différer le projet ou de le réaliser à une période plus favorable du traitement.

Exemples de biothérapies concernées

Parmi les médicaments les plus fréquemment prescrits figurent notamment :

  • Adalimumab (Humira®, Amgevita®, Hyrimoz®, Imraldi®…) ;

  • Infliximab (Remicade®, Inflectra®, Flixabi®, Remsima®…) ;

  • Étanercept (Enbrel®, Benepali®, Erelzi®…) ;

  • Ustekinumab (Stelara®) ;

  • Sécukinumab (Cosentyx®) ;

  • Ixékizumab (Taltz®) ;

  • Guselkumab (Tremfya®) ;

  • Risankizumab (Skyrizi®).

Cette liste n’est pas exhaustive. En cas de doute, demandez toujours conseil à votre médecin ou à votre pharmacien.

Peut-on finalement se faire tatouer ou percer ?

Oui, dans de nombreux cas.

Une personne dont la maladie est bien contrôlée et suivie par son spécialiste peut généralement réaliser un tatouage ou un piercing, sous réserve d’un avis médical et du respect de règles d’hygiène rigoureuses.

Il est essentiel d’informer le tatoueur ou le perceur de tout traitement en cours afin qu’il puisse adapter sa prise en charge.

À retenir

Tatouage : ⚠️ Généralement possible, après avis médical.

Piercing : ⚠️ Généralement possible, après avis médical.

Avis médical recommandé : Oui, systématiquement.

Ne jamais interrompre une biothérapie sans l’accord du médecin.

Bibliographie

Exemples de biothérapies concernées

Les biothérapies sont commercialisées sous de nombreuses dénominations. Parmi les plus prescrites figurent notamment :

  • Adalimumab : Humira®, Amgevita®, Hyrimoz®, Imraldi®, Hulio®, Idacio®, Yuflyma®…

  • Infliximab : Remicade®, Remsima®, Inflectra®, Flixabi®, Zessly®…

  • Étanercept : Enbrel®, Benepali®, Erelzi®, Nepexto®…

  • Ustekinumab : Stelara®, Wezlana®…

  • Sécukinumab : Cosentyx®.

  • Ixékizumab : Taltz®.

  • Guselkumab : Tremfya®.

  • Risankizumab : Skyrizi®.

  • Certolizumab pegol : Cimzia®.

  • Golimumab : Simponi®.

  • Tocilizumab : RoActemra®.

  • Sarilumab : Kevzara®.

  • Abatacept : Orencia®.

  • Rituximab : MabThera®, Rixathon®, Truxima®, Riximyo®…

  • Vedolizumab : Entyvio®.

  • Natalizumab : Tysabri®.

  • Ocrelizumab : Ocrevus®.

  • Dupilumab : Dupixent®.

  • Mepolizumab : Nucala®.

  • Benralizumab : Fasenra®.

  • Omalizumab : Xolair®.

Cette liste reprend les principales biothérapies utilisées en France, mais n’est pas exhaustive. En cas de doute, demandez toujours conseil à votre médecin, à votre pharmacien ou au spécialiste qui vous suit.

L’isotrétinoïne (Roaccutane® et génériques)

L’isotrétinoïne est un médicament dérivé de la vitamine A principalement prescrit dans le traitement des formes sévères d’acné. Très efficace, il agit en réduisant la production de sébum, en limitant l’inflammation et en diminuant la prolifération de certaines bactéries responsables de l’acné.

Pendant de nombreuses années, il a été recommandé d’éviter tout tatouage ou piercing pendant le traitement, ainsi que durant les 6 à 12 mois suivant son arrêt. Ces recommandations reposaient sur la crainte d’une mauvaise cicatrisation ou de cicatrices hypertrophiques.

Les données scientifiques les plus récentes sont aujourd’hui plus rassurantes. Elles ne confirment pas systématiquement une augmentation du risque de mauvaise cicatrisation. Toutefois, les spécialistes recommandent toujours une approche individualisée et prudente.

Pourquoi le risque est-il différent ?

L’isotrétinoïne entraîne une diminution importante de la production de sébum et peut provoquer une sécheresse marquée de la peau et des muqueuses.

Chez certaines personnes, la peau devient plus fine, plus fragile et plus sensible aux agressions extérieures, ce qui peut influencer le confort pendant la réalisation d’un tatouage ou d’un piercing ainsi que la phase de cicatrisation.

Quels sont les risques pour la cicatrisation ?

Les études les plus récentes n’ont pas démontré que l’isotrétinoïne entraînait systématiquement une mauvaise cicatrisation ou favorisait les cicatrices hypertrophiques après un acte cutané.

En revanche, la sécheresse cutanée, la sensibilité de la peau et les réactions inflammatoires propres à certains patients justifient une évaluation individuelle avant toute intervention.

Le tatoueur ou le perceur doit également tenir compte de l’état de la peau au moment de la séance.

Quand demander l’avis de son médecin ?

Un avis médical est recommandé lorsque :

  • un traitement par isotrétinoïne est en cours ;

  • le traitement vient de se terminer ;

  • la peau présente une sécheresse importante ou des fissures ;

  • d’autres traitements dermatologiques sont associés.

Le dermatologue pourra apprécier l’état de la peau et déterminer si le projet peut être réalisé dans de bonnes conditions.

Exemples de médicaments concernés

Les principaux médicaments contenant de l’isotrétinoïne sont notamment :

  • Roaccutane® ;

  • Contracné® ;

  • Curacné® ;

  • Procuta® ;

  • ainsi que les différents médicaments génériques contenant de l’isotrétinoïne.

Peut-on finalement se faire tatouer ou percer ?

Il n’existe pas de réponse unique.

Certaines personnes pourront réaliser un tatouage ou un piercing sans difficulté particulière pendant ou peu après un traitement, tandis que d’autres présenteront une peau trop fragile ou trop sèche pour obtenir une cicatrisation satisfaisante.

Par mesure de prudence, il est recommandé d’échanger avec son dermatologue avant d’entreprendre un projet de tatouage ou de piercing. Le professionnel réalisant l’acte devra également évaluer l’état de la peau le jour de la séance.

À retenir

Tatouage : ⚠️ Possible dans certaines situations, après évaluation de l’état de la peau et, si nécessaire, avis du dermatologue.

Piercing : ⚠️ Même recommandation.

Avis médical recommandé : Oui, en particulier pendant le traitement ou dans les semaines suivant son arrêt.

Ne jamais interrompre un traitement par isotrétinoïne sans l’accord du médecin.

Bibliographie

Les antiagrégants plaquettaires

Les antiagrégants plaquettaires sont des médicaments destinés à prévenir la formation de caillots sanguins en empêchant les plaquettes de s’agréger entre elles. Ils sont principalement prescrits après un infarctus du myocarde, un accident vasculaire cérébral (AVC), la pose d’un stent coronarien ou chez certaines personnes présentant un risque cardiovasculaire élevé.

Contrairement aux anticoagulants, qui agissent sur les facteurs de coagulation, les antiagrégants plaquettaires modifient le fonctionnement des plaquettes. Bien que leur mécanisme d’action soit différent, ils peuvent également augmenter le risque de saignement lors d’un tatouage ou d’un piercing.

Pourquoi le risque est-il différent ?

Le tatouage et le piercing provoquent volontairement une effraction cutanée entraînant un léger saignement.

Chez une personne traitée par un antiagrégant plaquettaire, ce saignement peut être plus abondant ou durer plus longtemps que chez une personne ne prenant aucun traitement. Cela peut compliquer la réalisation du tatouage, favoriser la formation d’hématomes et, dans certains cas, influencer la qualité du résultat final.

Quels sont les risques pour la cicatrisation ?

Un saignement plus important peut retarder légèrement la cicatrisation ou favoriser l’apparition d’un hématome.

Toutefois, chez la plupart des patients, la cicatrisation reste satisfaisante lorsque le tatouage ou le piercing est réalisé dans de bonnes conditions d’hygiène et que les soins post-intervention sont correctement suivis.

Quand demander l’avis de son médecin ?

Un avis médical est recommandé lorsque :

  • plusieurs antiagrégants sont associés (double antiagrégation plaquettaire) ;

  • le traitement vient d’être instauré ;

  • un infarctus, un AVC ou la pose d’un stent sont récents ;

  • d’autres médicaments augmentant le risque de saignement sont également prescrits.

Le médecin pourra évaluer si le projet peut être réalisé en toute sécurité.

Exemples de médicaments concernés

Les principaux antiagrégants plaquettaires prescrits en France sont notamment :

  • Aspirine® (faibles doses) ;

  • Kardégic® ;

  • Aspegic® (selon la dose et l’indication) ;

  • Clopidogrel (Plavix®, Clopidogrel Viatris®, Clopidogrel Sandoz®…) ;

  • Prasugrel (Efient®) ;

  • Ticagrelor (Brilique®).

Cette liste n’est pas exhaustive. En cas de doute, demandez toujours conseil à votre médecin ou à votre pharmacien.

Peut-on finalement se faire tatouer ou percer ?

Dans de nombreux cas, oui.

La prise d’un antiagrégant plaquettaire ne constitue pas une contre-indication absolue au tatouage ou au piercing. Toutefois, elle nécessite une évaluation individuelle, notamment chez les personnes présentant un risque cardiovasculaire élevé ou suivant plusieurs traitements agissant sur la coagulation.

Il est essentiel de ne jamais interrompre son traitement de sa propre initiative dans le but de réaliser un tatouage ou un piercing. L’arrêt d’un antiagrégant plaquettaire peut exposer à des complications graves, telles qu’un infarctus du myocarde ou un accident vasculaire cérébral.

À retenir

Tatouage : ⚠️ Généralement possible après évaluation de la situation médicale.

Piercing : ⚠️ Généralement possible avec les mêmes précautions.

Avis médical recommandé : Oui, notamment en cas de double antiagrégation ou d’événement cardiovasculaire récent.

Ne jamais interrompre un traitement antiagrégant sans l’accord du médecin.

Bibliographie

Les antiagrégants plaquettaires sont souvent confondus avec les anticoagulants. Bien que leur mode d’action soit différent, les précautions à prendre avant un tatouage ou un piercing restent comparables. Si vous n’êtes pas certain de la nature de votre traitement, n’hésitez pas à demander conseil à votre médecin ou à votre pharmacien.

Les antibiotiques

Les antibiotiques sont des médicaments destinés à traiter les infections causées par des bactéries. Ils sont prescrits dans de nombreuses situations, comme une angine bactérienne, une infection dentaire, une infection urinaire, une pneumonie ou encore certaines infections cutanées.

La prise d’un antibiotique ne constitue pas, à elle seule, une contre-indication au tatouage ou au piercing. En revanche, l’infection ayant motivé ce traitement justifie très souvent de reporter la séance jusqu’à la guérison complète.

Pourquoi le risque est-il différent ?

Lorsqu’un antibiotique est prescrit, cela signifie généralement que l’organisme lutte contre une infection.

Or, le tatouage et le piercing provoquent volontairement une effraction cutanée nécessitant une bonne réponse immunitaire pour assurer une cicatrisation optimale. Réaliser un tatouage ou un piercing alors que l’organisme combat déjà une infection peut augmenter le risque de complications et ralentir la guérison.

Le véritable problème est donc, dans la majorité des cas, la maladie en cours, et non l’antibiotique lui-même.

Les antibiotiques influencent-ils la cicatrisation ?

La plupart des antibiotiques n’altèrent pas directement la cicatrisation.

En revanche, certaines infections peuvent affaiblir l’organisme, provoquer de la fièvre ou une fatigue importante, autant d’éléments qui justifient de reporter le projet.

Par ailleurs, certains antibiotiques peuvent provoquer une photosensibilisation, rendant la peau plus sensible aux rayons ultraviolets. Cette précaution est particulièrement importante pour un tatouage récent, qui doit déjà être protégé du soleil pendant sa cicatrisation.

Quand demander l’avis de son médecin ?

Un avis médical est recommandé lorsque :

  • une infection importante est en cours ;

  • une fièvre persiste malgré le traitement ;

  • plusieurs antibiotiques sont prescrits simultanément ;

  • la personne présente une maladie chronique ou un déficit immunitaire ;

  • le traitement concerne une infection profonde ou sévère.

Exemples d’antibiotiques fréquemment prescrits

Parmi les antibiotiques les plus courants figurent notamment :

  • Amoxicilline (Clamoxyl® et génériques) ;

  • Amoxicilline + acide clavulanique (Augmentin® et génériques) ;

  • Azithromycine (Zithromax® et génériques) ;

  • Clarithromycine (Zeclar® et génériques) ;

  • Doxycycline (Doxy®, Vibramycine®…) ;

  • Lymécycline (Tetralysal®) ;

  • Ciprofloxacine (Ciflox®) ;

  • Ofloxacine (Oflocet®) ;

  • Clindamycine (Dalacine®).

Cette liste n’est pas exhaustive. En cas de doute, demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien.

Peut-on finalement se faire tatouer ou percer ?

Dans la majorité des cas, il est préférable d’attendre la fin du traitement et surtout la guérison complète de l’infection avant de réaliser un tatouage ou un piercing.

Cette précaution permet à l’organisme de consacrer pleinement ses ressources à la cicatrisation et limite le risque de complications.

Lorsque l’antibiotique est prescrit dans un autre contexte, sans infection active susceptible d’altérer l’état général, la décision peut être discutée au cas par cas avec le professionnel et, si nécessaire, avec le médecin.

À retenir

Tatouage : ❌ Généralement à reporter jusqu’à la guérison de l’infection.

Piercing : ❌ Même recommandation.

Avis médical recommandé : Oui, si l’infection est importante, persistante ou en cas de doute.

L’antibiotique n’est généralement pas le problème ; c’est l’infection qu’il traite qui justifie de différer le projet.

Pour aller plus loin

Si vous présentez de la fièvre ou une infection au moment de votre rendez-vous, consultez également notre chapitre « Fièvre ou infection en cours », qui détaille les raisons pour lesquelles il est préférable de reporter temporairement un tatouage ou un piercing.

Bibliographie

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont des médicaments couramment utilisés pour soulager la douleur, réduire l’inflammation et faire baisser la fièvre. Ils sont largement prescrits ou disponibles sans ordonnance, ce qui explique qu’ils soient fréquemment pris avant une séance de tatouage ou de piercing.

La prise occasionnelle d’un AINS ne constitue pas systématiquement une contre-indication au tatouage ou au piercing. En revanche, certaines précautions sont nécessaires en raison de leurs effets sur la coagulation et parce qu’ils sont souvent pris pour traiter une affection sous-jacente.

Pourquoi le risque est-il différent ?

Les AINS diminuent la production de certaines substances impliquées dans l’inflammation et la douleur. Certains d’entre eux peuvent également réduire temporairement la capacité des plaquettes à s’agréger, augmentant ainsi le risque de petits saignements pendant la réalisation d’un tatouage ou d’un piercing.

Par ailleurs, lorsqu’un AINS est pris pour traiter une infection, une blessure ou une maladie inflammatoire, c’est surtout cette affection qui doit être prise en compte avant d’entreprendre le projet.

Quels sont les risques pour la cicatrisation ?

Chez la plupart des personnes en bonne santé, les AINS n’entraînent pas de retard majeur de cicatrisation.

Ils peuvent toutefois favoriser un saignement légèrement plus important pendant la séance ou la formation d’un petit hématome, en particulier lorsqu’ils sont associés à un traitement anticoagulant ou antiagrégant plaquettaire.

Quand demander l’avis de son médecin ?

Un avis médical est recommandé lorsque :

  • le traitement est pris quotidiennement ou au long cours ;

  • plusieurs médicaments augmentant le risque de saignement sont associés ;

  • les AINS sont prescrits pour une maladie inflammatoire chronique ;

  • une intervention chirurgicale récente ou une autre pathologie importante est en cause.

Exemples d’AINS couramment utilisés

Parmi les principaux anti-inflammatoires non stéroïdiens figurent notamment :

  • Ibuprofène (Advil®, Nurofen®, Spedifen® et génériques) ;

  • Kétoprofène (Profénid®, Toprec®…) ;

  • Diclofénac (Voltarène® et génériques) ;

  • Naproxène (Apranax®) ;

  • Piroxicam (Feldène®) ;

  • Indométacine (Indocid®) ;

  • Méloxicam (Mobic®) ;

  • Célécoxib (Celebrex®).

Cette liste n’est pas exhaustive.

Peut-on finalement se faire tatouer ou percer ?

Dans la majorité des cas, oui.

En revanche, il est déconseillé de prendre un anti-inflammatoire de sa propre initiative avant une séance de tatouage ou de piercing dans le seul but de diminuer la douleur.

Si un traitement par AINS est prescrit par un médecin, il ne doit jamais être interrompu sans son accord. En cas de traitement prolongé ou d’association avec d’autres médicaments agissant sur la coagulation, il est préférable de demander un avis médical avant la réalisation du projet.

À retenir

Tatouage : ⚠️ Généralement possible, avec quelques précautions.

Piercing : ⚠️ Généralement possible.

Avis médical recommandé : Oui, en cas de traitement prolongé ou d’association avec d’autres médicaments augmentant le risque de saignement.

Ne prenez jamais un anti-inflammatoire avant une séance uniquement pour « mieux supporter » la douleur sans en avoir parlé à votre médecin.

Bibliographie

« Si vous ressentez le besoin de prendre un anti-inflammatoire ou un antidouleur avant votre rendez-vous parce que vous êtes malade ou souffrez d'une douleur importante, il est souvent préférable de reporter votre séance. Un tatouage ou un piercing doit être réalisé dans les meilleures conditions possibles, aussi bien pour votre confort que pour votre sécurité. »

Autres traitements médicamenteux nécessitant des précautions

En dehors des traitements précédemment abordés, certains médicaments peuvent également nécessiter des précautions particulières avant la réalisation d’un tatouage ou d’un piercing. Dans la plupart des cas, ils ne constituent pas une contre-indication absolue, mais leur prise doit être signalée au professionnel afin d’évaluer les éventuels risques de saignement, d’infection ou de cicatrisation.

Les immunomodulateurs

Les immunomodulateurs modifient le fonctionnement du système immunitaire sans entraîner nécessairement une immunosuppression importante.

Ils sont notamment utilisés dans certaines maladies auto-immunes, inflammatoires ou dermatologiques.

Exemples :

  • Méthotrexate (Novatrex®, Metoject®…)

  • Azathioprine (Imurel®)

  • Mycophénolate mofétil (CellCept®)

  • Léflunomide (Arava®)

Selon le traitement et la maladie concernée, un avis médical peut être recommandé avant la réalisation d’un tatouage ou d’un piercing.


Les traitements contre l’ostéoporose

Certains médicaments prescrits contre l’ostéoporose, notamment les bisphosphonates, nécessitent une attention particulière lorsqu’un piercing est envisagé au niveau de la bouche (langue, lèvres…) ou lorsqu’un acte concerne les maxillaires.

Ces traitements sont principalement connus pour le risque, rare mais grave, d’ostéonécrose des mâchoires après certains actes dentaires ou chirurgicaux.

Exemples :

  • Alendronate (Fosamax®)

  • Risédronate (Actonel®)

  • Acide zolédronique (Aclasta®, Zometa®)

  • Dénosumab (Prolia®, Xgeva®)

Un avis médical est recommandé avant tout piercing buccal chez les personnes recevant ces traitements.


Les traitements photosensibilisants

Certains médicaments augmentent la sensibilité de la peau aux rayons ultraviolets.

Après un tatouage, cette photosensibilité peut favoriser des réactions cutanées plus importantes en cas d’exposition au soleil.

Exemples :

  • Doxycycline

  • Lymécycline

  • Ciprofloxacine

  • Amiodarone (Cordarone®)

  • Certains diurétiques

  • Certains traitements dermatologiques

Une protection solaire rigoureuse est alors indispensable pendant toute la cicatrisation.


Les traitements anticonvulsivants

Les médicaments utilisés dans le traitement de l’épilepsie ne constituent généralement pas une contre-indication au tatouage ou au piercing.

En revanche, il est essentiel de poursuivre normalement son traitement afin de limiter le risque de crise pendant la séance.

Exemples :

  • Valproate (Dépakine®)

  • Lévétiracétam (Keppra®)

  • Lamotrigine (Lamictal®)

  • Carbamazépine (Tégrétol®)

Le professionnel doit être informé si le patient est épileptique, afin d’adapter si nécessaire le déroulement de la séance.


Peut-on finalement se faire tatouer ou percer ?

Dans la majorité des cas, oui.

L’élément le plus important est de toujours informer le tatoueur ou le perceur de tout traitement médical en cours, même lorsqu’il semble sans rapport avec la peau ou la cicatrisation.

En cas de doute, il est toujours préférable de demander l’avis du médecin prescripteur plutôt que d’interrompre un traitement de sa propre initiative.

À retenir

La grande majorité des traitements médicamenteux ne contre-indiquent pas systématiquement un tatouage ou un piercing. En revanche, certains nécessitent une évaluation individuelle afin d’assurer la sécurité du patient et d’optimiser les conditions de cicatrisation.

Bibliographie

 Les questions que votre tatoueur ou votre perceur devrait toujours vous poser

Avant toute séance de tatouage ou de piercing, un professionnel consciencieux ne s’intéresse pas uniquement au projet de son client. Il doit également s’assurer que celui-ci ne présente pas une situation médicale nécessitant des précautions particulières.

Depuis de nombreuses années, je pose systématiquement la même question à chacun de mes clients, quel que soit le projet :

« Avez-vous des problèmes de santé, suivez-vous un traitement médical ou avez-vous des allergies connues ? »

Cette simple question permet d’aborder la très grande majorité des situations susceptibles d’influencer la réalisation d’un tatouage ou d’un piercing.

Selon la réponse apportée, le professionnel pourra demander quelques précisions complémentaires afin de s’assurer que la séance peut être réalisée dans les meilleures conditions de sécurité.

Parmi les situations les plus fréquemment évoquées figurent notamment :

  • un diabète ;

  • un traitement anticoagulant ou antiagrégant plaquettaire ;

  • une maladie cardiovasculaire ;

  • une maladie auto-immune ;

  • une immunodépression ou un traitement immunosuppresseur ;

  • une chimiothérapie, une radiothérapie ou une thérapie ciblée ;

  • une grossesse ou un allaitement ;

  • une allergie connue (médicament, latex, nickel, antiseptique…) ;

  • une maladie de peau (psoriasis, eczéma, vitiligo, ichtyose…) ;

  • une infection ou de la fièvre ;

  • des antécédents de malaise vagal ou d’épilepsie.

Cette discussion ne vise pas à établir un diagnostic médical. Son seul objectif est d’identifier d’éventuelles situations nécessitant des précautions supplémentaires, un report de la séance ou, si besoin, un avis médical.

À l’inverse, un professionnel qui ne s’intéresse jamais à l’état de santé de ses clients prend le risque de méconnaître une contre-indication temporaire ou une situation pouvant compliquer la cicatrisation.

Le tatouage et le piercing sont des actes impliquant une effraction cutanée. À ce titre, un minimum d’informations médicales est indispensable pour garantir la sécurité du client.

Le conseil du professionnel

N’hésitez jamais à informer spontanément votre tatoueur ou votre perceur d’un problème de santé, d’un traitement ou d’une allergie, même si vous pensez que cela n’a aucun rapport avec votre projet. Une information qui peut sembler anodine permet parfois d’adapter la séance, de reporter un rendez-vous de quelques jours ou d’éviter une complication. Mieux vaut poser une question de trop que prendre un risque inutile.

Bibliographie

 Quand demander impérativement un avis médical ?

Dans la majorité des cas, un tatouage ou un piercing peut être réalisé sans difficulté particulière lorsque la personne est en bonne santé et que les règles d’hygiène sont rigoureusement respectées.

En revanche, certaines situations nécessitent impérativement un avis médical préalable. Cette démarche ne vise pas à obtenir une « autorisation » de se faire tatouer ou percer, mais à évaluer les éventuels risques et à déterminer si des précautions particulières sont nécessaires.

Les situations nécessitant un avis médical

Il est fortement recommandé de consulter votre médecin ou le spécialiste qui vous suit si vous vous trouvez dans l’une des situations suivantes :

  • vous souffrez d’un diabète mal équilibré ou présentant des complications ;

  • vous êtes atteint d’un trouble de la coagulation ou prenez un anticoagulant ou un antiagrégant plaquettaire ;

  • vous êtes traité par une biothérapie, un immunosuppresseur ou une corticothérapie prolongée ;

  • vous suivez une chimiothérapie, une radiothérapie, une immunothérapie ou une thérapie ciblée ;

  • vous avez bénéficié d’une transplantation d’organe ;

  • vous présentez une maladie auto-immune active ;

  • vous êtes enceinte ou votre grossesse est suspectée ;

  • vous présentez de la fièvre ou une infection en cours ;

  • vous souffrez d’une maladie dermatologique évolutive sur la zone à tatouer ou à percer (psoriasis, eczéma, vitiligo, ichtyose, etc.) ;

  • vous avez déjà présenté une réaction allergique importante après un tatouage, un piercing ou un médicament ;

  • vous avez un doute sur votre état de santé ou sur votre traitement.

Pourquoi cet avis est-il important ?

Votre médecin connaît votre état de santé, vos traitements et vos antécédents médicaux. Il est donc le mieux placé pour évaluer les éventuels risques et vous conseiller sur le meilleur moment pour réaliser votre projet.

Dans certains cas, quelques jours d’attente suffisent. Dans d’autres, une adaptation du traitement ou un simple contrôle médical permettront de réaliser votre tatouage ou votre piercing dans de meilleures conditions.

Le rôle du tatoueur ou du perceur

Un tatoueur ou un perceur n’est ni médecin ni pharmacien. Il ne peut pas modifier un traitement, interpréter des résultats biologiques ou délivrer un avis médical.

En revanche, il a le devoir d’identifier les situations pouvant nécessiter des précautions particulières et, lorsque cela est nécessaire, d’inviter son client à consulter son médecin avant de réaliser l’intervention.

Ce dialogue entre le client, le professionnel et le médecin contribue à réduire les risques et à favoriser une cicatrisation dans les meilleures conditions.

À retenir

En cas de doute, demandez toujours l’avis de votre médecin avant de réaliser un tatouage ou un piercing. Une consultation permet souvent de répondre à vos interrogations et d’éviter une complication qui aurait pu être facilement prévenue.

Bibliographie

FAQ

 

Peut-on se faire tatouer avec un diabète ?

Oui, dans la majorité des cas. Un diabète bien équilibré ne constitue généralement pas une contre-indication au tatouage. En revanche, un diabète mal contrôlé ou compliqué peut augmenter le risque d’infection et ralentir la cicatrisation. Un avis médical peut être recommandé.


Peut-on se faire percer sous anticoagulants ?

Oui, mais avec prudence. Les traitements anticoagulants peuvent augmenter le risque de saignement. N’interrompez jamais votre traitement sans l’accord de votre médecin et demandez un avis médical avant votre projet.


Peut-on se faire tatouer sous antiagrégants plaquettaires ?

Dans de nombreux cas, oui. Ces médicaments augmentent également le risque de saignement. Une évaluation individuelle est recommandée, notamment après un infarctus, un AVC ou la pose d’un stent.


Un traitement antibiotique est-il compatible avec un tatouage ou un piercing ?

Le problème n’est généralement pas l’antibiotique lui-même, mais l’infection qu’il traite. Il est préférable d’attendre la guérison complète avant de réaliser un tatouage ou un piercing.


Peut-on se faire tatouer pendant une chimiothérapie ?

Non, cela est généralement déconseillé pendant le traitement. La chimiothérapie peut diminuer les défenses immunitaires et ralentir la cicatrisation. Le projet devra être discuté avec l’oncologue.


Peut-on réaliser un tatouage pendant une radiothérapie ?

Il est fortement déconseillé de tatouer une zone en cours de radiothérapie ou récemment irradiée. Une fois les tissus cicatrisés, un projet peut parfois être envisagé après avis médical.


Peut-on se faire tatouer sous biothérapie ?

Oui, dans certains cas. La décision dépend du traitement, de la maladie traitée et de votre état de santé. Un avis médical est recommandé avant toute intervention.


Peut-on se faire tatouer sous corticoïdes ?

Oui, lorsque le traitement est de courte durée ou à faible dose. En cas de corticothérapie prolongée ou à forte dose, un avis médical est conseillé.


Peut-on se faire tatouer sous Roaccutane® ou isotrétinoïne ?

Les recommandations ont évolué. Les données scientifiques récentes sont plus rassurantes qu’autrefois, mais une évaluation individuelle reste recommandée avec votre dermatologue.


Peut-on se faire tatouer avec une maladie auto-immune ?

Oui, dans de nombreux cas. Tout dépend de l’activité de la maladie, du traitement suivi et de votre état de santé général. Un avis du spécialiste est souvent recommandé.


Peut-on se faire tatouer avec du psoriasis ou de l’eczéma ?

Oui, lorsque la maladie est stabilisée et qu’aucune lésion active n’est présente sur la zone à tatouer. Il est préférable d’éviter toute poussée inflammatoire.


Le vitiligo est-il une contre-indication ?

Non. En revanche, le phénomène de Koebner peut favoriser l’apparition de nouvelles zones dépigmentées après un traumatisme cutané. Une information préalable est indispensable.


Peut-on tatouer une personne atteinte d’ichtyose (« peau de crocodile ») ?

Oui, dans de nombreux cas. Il est préférable de choisir une zone où la peau est la moins atteinte et de demander un avis dermatologique pour les formes sévères.


Peut-on se faire tatouer si l’on est sujet aux malaises vagaux ?

Oui. Il suffit généralement de prendre quelques précautions : avoir bien mangé, être correctement hydraté, dormir suffisamment et informer le professionnel de vos antécédents.


Une allergie empêche-t-elle de se faire tatouer ou percer ?

Pas nécessairement. En revanche, toute allergie connue (nickel, latex, antiseptiques, médicaments…) doit être signalée au professionnel avant la séance.


Peut-on se faire tatouer lorsque l’on a de la fièvre ou une infection ?

Non. Il est préférable d’attendre la guérison complète afin de favoriser une bonne cicatrisation et de limiter le risque de complications.


Mon tatoueur peut-il me demander des informations sur ma santé ?

Oui. Un professionnel sérieux doit s’assurer qu’aucune situation médicale ne nécessite des précautions particulières. Ces questions sont posées dans l’intérêt de votre sécurité.


Dois-je demander l’avis de mon médecin avant un tatouage ou un piercing ?

En cas de maladie chronique, de traitement médical, de grossesse, d’immunodépression, de trouble de la coagulation ou si vous avez le moindre doute, il est toujours préférable de consulter votre médecin avant votre projet.