Caricature satirique d'un cirque d'animaux tatoueurs illustrant les contradictions autour de l'hygiène tatouage SNAT.

Hygiène du tatouage : déclarations publiques et réalité du terrain, le dossier Tin-Tin

Hygiène du tatouage : quand les déclarations publiques interrogent les pratiques observées

L'hygiène tatouage SNAT est régulièrement présentée comme une préoccupation ancienne de la profession. Pourtant, l'examen de certaines archives et déclarations publiques invite à s'interroger sur la cohérence entre les discours tenus et les pratiques observées sur le terrain.

Le 28 avril 2020, en pleine période de pandémie, Cyril Auville, dit Tin-Tin, alors président du Syndicat National des Artistes Tatoueurs (SNAT), déclarait dans les colonnes de Nice-Matin :

« Ces mesures d’hygiène ne datent pas d’hier pour nous, les tatoueurs sont prêts à reprendre du service dès le 11 mai. »

95030140 2862291953823978 3853956716857131008 n

Cette affirmation peut sembler rassurante pour le grand public. Pourtant, elle mérite d'être replacée dans son contexte et confrontée à certains éléments observables.

Cette observation prend une dimension particulière lorsque l’on rappelle que Tin-Tin était lui-même l’organisateur du Mondial du Tatouage. L’événement constituait alors la vitrine la plus médiatisée du tatouage français. Il apparaît donc légitime de s’interroger sur la cohérence entre les mesures effectivement observables au sein de cette convention et les déclarations publiques affirmant que certaines pratiques d’hygiène « ne dataient pas d’hier » dans la profession.

Hygiène tatouage SNAT : les faits observables

 

Les pratiques observées lors du Mondial du Tatouage 2019

Un simple retour sur les images du Mondial du Tatouage 2019 permet de constater plusieurs éléments :

  • absence généralisée du port du masque ;
  • absence visible de dispositifs de séparation entre les postes de travail et le public ;
  • manipulation libre de books, photographies et supports de présentation par de nombreuses personnes ;
  • forte promiscuité entre tatoueurs, clients et visiteurs ;
  • absence apparente de nombreux dispositifs qui seront pourtant présentés quelques mois plus tard comme relevant de pratiques déjà anciennes dans la profession.
mondial tattoo 2019 1

 

 
mondial tattoo 2019 2
mondial tattoo 2019 3

Ces observations soulèvent cependant une question légitime : dans quelle mesure les mesures présentées comme habituelles en 2020 étaient-elles réellement appliquées auparavant ?

Un débat ancien au sein de la profession

Pour ma part, cette interrogation ne date pas de la crise sanitaire.

Dès les années 2000, j’ai défendu plusieurs positions relatives à l’amélioration des pratiques d’hygiène dans le tatouage :

  • port du masque durant certaines procédures ;
  • renforcement des protocoles de prévention ;
  • décontamination systématique de certains matériels ;
  • amélioration générale des mesures de prophylaxie.

Ces positions ont parfois suscité des oppositions ou des incompréhensions au sein même de la profession.

Les archives du SNAT, les pétitions de l’époque ainsi que différents échanges conservés permettent de constater que ces questions faisaient déjà débat bien avant 2020.

Entre communication et réalité du terrain

La crise du Covid-19 a eu pour effet de placer l’hygiène au centre du discours public.

C’est une évolution que l’on ne peut que saluer.

Cependant, lorsqu’une profession affirme que certaines pratiques sont anciennes et parfaitement intégrées, il est légitime d’examiner les faits, les archives et les témoignages disponibles afin de vérifier la cohérence entre le discours et les pratiques réellement observées au fil des années.

L’objectif n’est pas de désigner des coupables.

L’objectif est de préserver une mémoire professionnelle fidèle à la réalité.

Car les avancées sanitaires ne sont jamais apparues spontanément.

Elles sont le résultat de débats, de remises en question, parfois de conflits, et du travail de nombreux acteurs qui ont choisi de défendre certaines exigences avant qu’elles ne deviennent consensuelles.

Pourquoi cette mémoire est importante

L’histoire du tatouage moderne en France ne peut être comprise sans rappeler les débats qui ont accompagné son évolution.

Conserver les documents, les archives, les prises de position publiques et les images de l’époque permet non seulement de mieux comprendre le chemin parcouru, mais aussi d’éviter que certaines réalités soient réécrites avec le temps.

Une profession progresse lorsqu’elle accepte d’examiner honnêtement son passé.

C’est à cette condition qu’elle peut construire son avenir sur des bases solides.

 
 

Et qu’en est-il lorsque ledit est lui-même à l’œuvre ?

Cyril Auville, dit Tin-Tin n’a aucune honte de travailler dans une totale insalubrité devant les caméras ce qui constitue une mise en danger d’autrui !

Et dire que cet homme est le président « autoproclamé » du SEUL syndicat français d’artistes tatoueurs … la situation actuelle de la profession dans l’hexagone nous montre qu’il aurait fallu s’inquiéter !

 

Conclusion

L’objet de cet article n’est pas de réécrire l’histoire ni de désigner des ennemis.

Les documents, photographies, archives et déclarations publiques présentés ici existent. Ils appartiennent à l’histoire récente du tatouage français et chacun reste libre de les consulter afin de se forger sa propre opinion.

Pour ma part, après plus de vingt années consacrées à défendre certaines exigences en matière d’hygiène et de salubrité, je considère qu’il est essentiel de préserver une mémoire fidèle des faits. Les avancées dont bénéficie aujourd’hui la profession ne sont pas apparues spontanément. Elles sont le résultat de débats, de désaccords, de remises en question et du travail de nombreux acteurs qui ont parfois dû défendre des positions impopulaires bien avant qu’elles ne deviennent consensuelles.

L’hygiène ne se décrète pas après coup. Elle se construit au quotidien par les pratiques, les choix et la cohérence entre les discours et les actes.

Si cet article a une utilité, elle réside peut-être simplement dans ce rappel : une profession progresse lorsqu’elle est capable de regarder honnêtement son passé, sans l’idéaliser ni le réinventer.

La vérité n’a pas besoin d’être embellie. Elle a seulement besoin d’être documentée.

FAQ

Qui a défendu les questions d’hygiène dans le tatouage avant leur généralisation ?

Les débats sur l’hygiène et la salubrité dans le tatouage ne sont pas apparus avec la crise sanitaire de 2020. Depuis le début des années 2000, plusieurs professionnels ont participé à leur manière à faire évoluer les pratiques et à sensibiliser la profession aux enjeux de prévention des risques. Parmi eux, El Mata a notamment multiplié les démarches, les prises de position publiques et les actions de sensibilisation qui ont contribué à alimenter ces débats bien avant qu’ils ne deviennent largement consensuels.

Pourquoi est-il important de conserver les archives du tatouage français ?

Les archives, articles de presse, documents administratifs, photographies et témoignages permettent de comprendre l’évolution réelle des pratiques professionnelles. Elles constituent une mémoire précieuse pour retracer les débats qui ont accompagné l’amélioration des règles d’hygiène, de sécurité et de salubrité au sein du tatouage contemporain.

Les recommandations historiques du SNAT étaient-elles équivalentes aux exigences actuelles ?

Non. Les obligations applicables aujourd’hui aux tatoueurs résultent principalement de l’évolution de la réglementation sanitaire française ainsi que de l’amélioration progressive des connaissances en matière de prévention des risques infectieux. Certaines pratiques désormais considérées comme essentielles n’étaient pas systématiquement défendues ou appliquées au sein de la profession par le passé.

Le respect du décret relatif au tatouage garantit-il à lui seul une pratique irréprochable ?

Le respect du décret constitue une base indispensable, mais il ne remplace ni l’expérience, ni la rigueur professionnelle, ni la volonté d’améliorer continuellement ses protocoles d’hygiène. Une profession progresse lorsque ses acteurs vont au-delà des obligations minimales et s’interrogent constamment sur les meilleures pratiques à adopter.

Pourquoi les débats sur l’hygiène du tatouage restent-ils importants aujourd’hui ?

Parce que les règles actuelles sont le résultat d’années de discussions, de critiques, de travaux et d’évolutions réglementaires. Comprendre ces débats permet de mieux mesurer le chemin parcouru par la profession et d’éviter que certaines réalités historiques soient oubliées ou réinterprétées avec le temps.